Dimanche 17 Août

Tout vient à point à qui sait attendre... Ce matin, c'est donc grasse matinée! Finis les réveils à 6h, vive le repos du guerrier... La tête remplie de nos découvertes...
Finalement, réveillée pas trop tard et ne percevant aucun signe de vie dans la chambre voisine, je décide d'accomplir une de nos quêtes, à savoir trouver une carte de Bangalore. Me voici donc à déambuler dans les rues de Bangalore pour rejoindre la galerie marchande de luxe du Leela Palace qui abrite fort heureusement une librairie.

Profitant de cette promenade, me voici à flâner devant les boutiques de la gallerie: parfumerie, joailliers, créateurs de mode... Même habillée en jean, les vendeurs ont bien compris que j'étais européenne et donc une cliente potentielle... Me voici donc accostée à chaque pause lèche vitrine. Rapidement ennuyée par cet acharnement commercial, je décide de rejoindre la librairie.
J'ai donc réussi à trouver pendant ma quête:

  • un atlas de Bangalore (108 pages de cartes tout de même...)
  • une carte du Karnataka (l'état où est situé Bangalore)
  • un livre sur le Taj Mahal (comme ça nous serons équipées le jour J!)
  • le fameux "Bangalore Tigers" (Livre relatant le succès d'une entreprise indienne en informatique, ma nouvelle bible de chevet)
  • un livre en français (la librairie attirant un public international) sur l'histoire de la religion indienne, mais comme il était abîmé et que le vendeur ne voulait pas me faire de remise, il est reparti en rayon.

C'est donc forte de notre carte que je rejoins Isabelle à l'hôtel et que nous retrouvons Sonny pour le déjeuner. Décision est prise après le déjeuner de faire un petit tour de la ville en voiture afin de voir quelques monuments présentés dans notre atlas nouvellement acquis. Nous avons donc pu apercevoir le palais gouvernemental (rassemblant un ensemble d'institutions), la cour de justice et des parcs. Isabelle et moi avons décidé qu'il nous faudra revoir tous ces monuments de manière plus approfondie.

Une fois cette petite promenade effectuée, nous décidons de nous rendre dans les rues commerçantes de la ville pour nous trouver un saree... et du jambon (depuis quelques jours, je rêve de jambon tellement la privation est forte, Isa quant à elle a régulièrement ce mot à la bouche...)!

Nous voici dans un supermarché où Sonny nous certifie que nous avons de grandes chances de satisfaire notre demande... La vendeuse nous sort du jambon, fière de sa trouvaille! Isa et moi n'en croyions pas nos yeux, du jambon! Ah vi mais quelle surprise, du jambon de poulet congelé! Bourk! Effectivement, nous n'en croyions plus nos yeux! Finalement, ce ne sera pas encore pour ce soir...

Nous décidons donc de nous mettre en quête de nos sarees. Plutôt orange tirant sur le rouge pour Isa et noir et argent pour ma part. La première boutique m'a sorti une demi-douzaine de sarees avant de me montrer quelquechose à mon goût: trop de paillettes, trop vieux, trop de motifs, euh j'ai dit noir vous vous rappelez?, le rouge vous trouvez vraiment que ça ressemble à du noir?

Finalement, le vendeur me dégotte un saree noir en soie avec un liseré argenté. Tombée sous le charme de l'étoffe, j'accepte avec plaisir la proposition d'essayage... J'ai donc assez rapidement été confrontée à l'enroulage méthodique de 5m de tissu. le principe est plutôt "simple": on coince un bout de tissu dans le pantalon (les femmes portent une jupe spéciale, mais nous avons fait avec la tenue du bord) sur la hanche droite et l'on procède à un premier tour de taille avec le tissu pour revenir vers le milieu. Ensuite on plie environ 1m50 de tissu en pans de 12cm pour faire le drapé qui va tomber devant les jambes. Coincage du drapé dans le pantalon, encore un petit tour et une fois arrivé dans le dos on continue à tourner en faisant remonter le tissu sur la poitrine et faire tomber le dernier pan sur l'épaule. L'explication n'est pas très claire tout simplement parce que la méthode n'est pas des plus simples! En gros il faut simplement s'imaginer se retrouver en élégant rouleau de printemps dans 5m de tissu, Le jean qui dépasse et les tennis aux pieds, ça perd de suite de son style, mais le résultat produit tout de même son effet!

Une fois le prix annoncé, je décide de "prendre du temps pour réfléchir" (hum hum 80€ pour une tenue que je ne mettrai que très rarement en France mérite à réflexion) et nous nous rendons dans une autre boutique. Ce n'est qu'une fois dans la boutique que nous nous apercevons qu'elle est d'un standing supérieur. A peine entrées, on nous demande de préciser notre quête... Euh ben sarees! Nous voici donc d'emblées dirigées vers l'ascenseur, accueillies par un jeune garçon (qui est en charge d'appuyer sur les boutons de l'ascenseur afin de bien guider le client des fois qu'il se perde), puis accueillies par un vendeur qui nous invite à nous asseoir à sa table. Des milliers de sarees de tous types sont rangés dans les étagères de plusieurs pièces. De nouveau, je me retrouve à préciser mon choix et refuser un ensemble d'étoffes. Le vendeur me dit qu'il a finalement quelquechose qui devrait me plaire dans le rayon des créateurs. Je lui demande s'il s'agit de la collection 2008, il me répond précisément la date et la saison... Le saree, c'est du sérieux! Un des vendeurs (pour alors, ils étaient 3 à s'occuper de nous) sort une boîte vitrée recouverte de velours... Le saree de créateur en question... Une soie de Mysore exquisement douce, parée de cristaux swarovski, noire et argentée... Essayer ne coûtant rien, je me suis de nouveau prise au jeu de l'enroulement... avec un saree à 27000rs (450€), mon jean et mes tennis bien dissimulés cette fois et un certain semblant de classe. Prenant congé après avoir expliqué à plusieurs reprises aux vendeurs que même un 3x sans frais ne convenait pas à mon portefeuille, il est décidé que demain nous allons reprendre notre quête dans des boutiques de standing plus raisonnable!

Samedi 16 Août

Le réveil à 6h, ce n'est décidément pas dans ma nature. Et visiblement, mes comparses sont dans un état similaire. Mais paraît-il que la faune sauvage ne fait pas d'états d'âme de notre manque de sommeil. C'est donc les yeux embrumés que nous partons de nouveau pour un safari avec pour leitmotiv la rencontre d'un animal sauvage...Les tâches sont réparties: Isabelle et moi nous attribuons chacune la surveillance d'un côté de la route et Sonny est au volant. De nouveau, nous nous enfonçons dans la forêt, remarquons que la route est constellée d'excréments frais d'éléphants, mais aucune âme qui vive... Nous poursuivons donc notre route tranquillement, ne relâchant pas notre attention. Soudain, notre chauffeur freine puis recule doucement. Il pointe les fourrés... Et l'on aperçoit un magnifique pachyderme affairé à se restaurer. Visiblement, notre voiture perturbait la quiétude des lieux, car il se mis à nous fixer du regard, tout en abandonnant son déjeuner. Nous étions tous trois pétrifiés et subjugués à la fois de nous retrouver face à un tel animal. La magie s'arrêta net quand il nous rappela à la réalité avec un puissant barrissement. Notre sang n'en a fait qu'un tour et les consignes des gardes se sont vite rappelées à notre esprit: on fonce! Visiblement, plus de peur que de mal, l'éléphant n'ayant pas essayé de nous charger.
C'est donc cette magnifique image en tête, agrémentée de rencontres avec des daims, paons et autres casse-croûtes pour tigres (tigres que nous n'aurons pas eu la chance d'apercevoir) et plus trop d'essence en stock que nous nous retournons vers l'auberge pour le petit déjeuner.

Une dernière promenade dans le parc du centre (des femmes s'affairant à la tonte de la pelouse à la serpette ou à ramasser les feuilles et guava mûres), nous voici fin prêts pour reprendre notre route.
En route donc pour Mysore, afin de visiter le tant attendu palais. La route du retour est identique à celle de l'aller: les mêmes épouvantails, attelages, troupeaux et autochtones... Et c'est avec nostalgie que nous quittons ces lieux paisibles pour rejoindre la cité de la soie.

Après un déjeuner dans le même hôtel que la veille (qui cette fois, n'a pas considéré Sonny comme notre chauffeur), nous voici fin prêts pour la visite du palais!
Dès notre arrivée sur les lieux, nous sommes assaillies par camelots et mendiants. Difficile donc de nous frayer un chemin jusqu'au guichet pour acheter nos tickets d'entrée. Les premières ségrégations se font aussi sentir: même si l'entrée reste tout à fait raisonnable, le tarif pour les étrangers est 10 fois supérieur au tarif indien. Après les habituels contrôles de sécurité, nous pouvons désormais pénétrer les jardins du palais. Un immense temple sur notre droite, et le palais imposant et fastueux, sur notre gauche, fidèle aux images que nous avions pu voir au préalable. Des photographes professionnels s'arrachent les touristes, leur appareil numérique et imprimante sous le bras... Nous poursuivons donc notre promenade dans les jardins et prenons quelques photos ça et là, l'usage des appareils étant interdit dans le palais. Alors qu'Isabelle et moi posions devant le palais, un couple d'indiens nous accoste et nous demande dans un anglais approximatif si nous pouvons les prendre en photo devant le palais. Isabelle va pour s'emparer de l'appareil lorsque nous réalisons qu'il y aurait un semblant de mécompréhension... Le photographe et le couple insistent pour que nous posions avec eux et non pas que nous prenions la photo! Amusées, nous nous prêtons donc à la séance de bon gré. A l'issue de la prise des clichés, arrive la question rituelle:

"d'où venez vous?"
"France"
"Oh..... Fouanceee, Palissse, ToulEiffel!"
Un tantinet réducteur certes, mais si ça peut leur faire plaisir...

Les appareils photos étant déposés à la consigne, ayant ensuite du faire de même pour nos chaussures, dû supporter les grommellements d'Isa qui du coup ne voulait plus visiter le palais ("c'est sale par terre et une visite en chaussettes, c'est nul!), repassé de nouveau une fouille (pour un éventuel appareil photo encore caché...), nous voici dans le flot des visiteurs du palais!

L'intérieur du palais est à la (dé)mesure de son extérieur: stuc, dorures, sculptures, couleurs chatoyantes, sols en mosaïque, éléphants empaillés arborant de magnifiques défenses, tableaux en tous genres représentant le Maharaja et sa famille mais aussi dieux, déesses et fêtes locales. Les portes sont faites en bois de santal, recouvertes de marqueterie, en ivoire, os, argent ou or. Nous retrouvons ici un équivalent à la galerie des glaces de Versailles, mais traversons aussi d'immenses salles de réception où notre esprit vagabond peut encore facilement imaginer banquets et danses pouvant s'y tenir. Clou de la visite, nous traversons une salle ouverte sur l'extérieur. Il s'agit en fait d'un ensemble de loges donnant sur les jardins et l'allée centrale du palais. Vraisemblablement, les maharajas avaient le sens du spectacle!
Seul regret, nous ne verrons pas le palais illuminé par ses 96000 ampoules ce soir...

La visite du palais terminée, nous récupérons nos chaussures, inspectons nos chaussettes devenues martyres pour la cause, et décidons de poursuivre la visite de la ville. Prochaine étape, la cathédrale Sainte Philomène, l'une des plus grande du pays. Contrairement aux temples, nous arrivons à trouver une sorte de quiétude (sur fond de klaxons) dans les églises. L'église ayant une soixantaine d'années, les vitraux sont modernes et colorés et l'intérieur décoré de couleurs sobres mais douces. La vierge est habillée en saree, histoire de faire couleur locale. Petite visite de la crypte, où beaucoup d'européens ont été enterrés et c'est sous une pluie acharnée de mousson que nous quittons le monument et Mysore...

Le retour fut difficile et humide... La pluie ne semblait jamais cesser et des trombes d'eau s'abattaient sur nous à n'en plus rien voir... Nous sommes restées désemparées face aux coulées d'eau sur la route, aux voitures arrêtées car ne pouvant plus avancer et aux conducteurs de 2 roues partis trouver refuge sous le moindre arbre ou la moindre échoppe sur le bord de la route. Comment un pays connaissant pertinemment l'ampleur de ce phénomène climatique annuel, ne prévoit aucune infrastructure en conséquence? De par ces intempéries, la durée de notre trajet de retour a été doublée...

Vendredi 15 Août

Je crois qu'Isa et moi avons eu la même réflexion au réveil: 5h30 un jour férié, ce n'est pas humain! Le restaurant de l'hôtel n'étant même pas encore ouvert, nous voilà à nous réconforter mutuellement devant une tartine de nutella (nous avons craqué, mais c'était un cas de force majeure!) et une tasse de thé... Le menu est relativement différent de nos petits-déjeuners quotidiens, mais il en vaut le coup! 7h, la valise est fermée (étant donné que rien n'est planifié, mieux vaut s'équiper), nous voilà fin prêtes, même si pas forcément fraîches... C'était sans compter sur le faux-bond de Sonny qui n'est pas véritablement matinal...
8h, quelques chips et jus d'orange acquis dans la superette du parking souterrain, nous chargeons la voiture, et en route pour Mysore!
Comme indiqué hier, le 15 Août est le jour de l'indépendance indienne. La foule est mobilisée en conséquence, mais on nous rit au nez quand nous expliquons que nous nous attendions à un défilé digne du 14 Juillet. En effet, la foule est mobilisée autour des écoles et stades, les enfants (en uniforme d'écolier) étant les principaux acteurs des parades célébrant cet évènement. Les magasins, mais aussi les rickshaws et rues s'ornent de fleurs fraîches, drapeaux et décorations aux couleurs nationales (même le vendeur de coudes en pvc s'est mis à la fête!). C'est donc une route plutôt bigarrée, tantôt par les décorations, tantôt par les marchés mais aussi simplement par les tenues des femmes plus colorées les unes que les autres que nous parcourons gaiement et lentement. En effet, celle-ci est souvent ornée d'ornières, ralentisseurs, ganivelles posées en chicane sur les voies pour faire ralentir la circulation, population, mendiants arborant le tableau d'une divinité pour amadouer le chaland ou enfants réalisant des contorsions à l'aide d'un cerceau de métal, balayeurs de route (nous en cherchons encore l'intérêt), animaux en tout genre (plus ou moins imposants, mais aussi plus ou moins vivants) ou attelages, camions ou bus plus pollueurs les uns que les autres, le tout pensant que la route leur est propre! On comprend vite les accidents et ralentissements intempestifs.
3h30 de route plus tard, soit uniquement 120 kms, nous voici dans la périphérie de Mysore... Pour une ville abritant un palais de Maharadjah, nous voici plutôt déçues! Etait-ce vraiment nécessaire de faire tant de route pour nous retrouver dans un cadre similaire à Bangalore?
Affamés, nous décidons donc de nous mettre en quête d'un déjeuner. Notre réussissons non sans mal à rejoindre un hôtel connu par notre guide. Petite confusion avec le voiturier à l'entrée de l'hôtel: ce n'est pas parce qu'un indien conduit 2 européennes qu'il est forcément notre chauffeur! Tant pis, le voici quand même considéré comme tél...
Le menu de l'hôtel est plutôt prometteur: ils ont du jambon (certes avec des oeufs, donc ce ne sera pas pour moi, mais Isa s'y tente)! La chose n'est pas mauvaise même si l'aspect est plutôt rebutant... Ca ressemblait en tout point en une chose indescriptible, mais reconstituée!
Rassasiés, nous constituons donc le programme de la journée. Aujourd'hui, nous prévoyons de rejoindre une réserve naturelle afin de voir quelques animaux évoluer en liberté et prévoyons de dormir en pleine nature. Ce devrait nous changer du bruit permanent de la ville...
Nous voici donc en direction de Nagarhole. La route n'est pas compliquée à trouver, il n'y en a qu'une! Plus nous avançons dans la campagne, plus nous nous enfonçons sur un chemin chaotique et les rencontres animales s'accentuent. Nous voici donc sur un chemin de terre (ah, le safari n'a pas encore commencé?) à zigzaguer entre les vaches (avec des cornes peintes parfois atteignant le demi mètre), des troupeaux de chèvres et moutons, quelques poules éparses, un chat (le premier que nous rencontrons), un canard (comme vous pouvez le constater, j'ai pratiqué un recensement très poussé de la diversité animale) et des chiens (grâce au chien indien, je comprends mieux l'expression se regarder en chien de faïence... Ils peuvent en effet rester des heures immobiles au milieu de la route, défiant du regard leur homologue de l'autre côté de celle-ci, le tout en servant, non sans risque, de pilier de slalom aux voitures). Nous doublons aussi des attelages transportant fruits et légumes savamment agencés (les indiens aiment ranger leurs fruits en pyramides), fourrage ou autres articles de consommation. Le contraste est des plus saisissant: de la ville en pleine expansion, où les habitants ne sont qu'en quête d'une technologie de pointe, de l'effort minimal (l'indien aura tendance à privilégier l'ascenseur pour monter un étage, alors imaginez la tête du personnel de l'hôtel quand nous montons nos 5 étages à pied!) et s'approprient les travers de l'occidentalisation, nous voilà propulsés 100 ans en arrière dans une population pauvrement vêtue, pieds nus en majorité, vivant dans de minuscules abris ou constructions en toit de palme pour certains, à même la terre battue ou encore avec leur bétail; Les femmes allant encore à la rivière faire leur linge (le tout empaqueté et transporté précieusement sur leur tête). Le temps se serait mystérieusement arrêté ici... Il aurait visiblement eu quand même l'occasion de déposer quelques téléphones portables. Les habitudes de certains autochtones sont pour autant parfois curieuses... En effet, nous nous demandons toujours pourquoi un homme tenant une petite échoppe récoltait à chaud dans un gobelet l'urine de sa vache!!! Bourk!
Le chemin redevient route et les villages cèdent leur place aux cultures, souvent ornées d'épouvantails (qui ressemblent étrangement à leurs homologues français). Soudain, nous sommes arrêtés par un amas de population sur la route, accompagnés de gardes forestiers. Des éléphants sauvages sont en train de se battre dans un champ à proximité... Nous avons l'autorisation de continuer notre chemin mais les précautions de base nous sont rappelées: en cas de rencontre éléphantesque, on ne s'arrête pas mais on accélère! Le tout afin d'éviter de donner envie à l'animal de nous charger.
Nous voici enfin arrivés au camp où nous avons réservé un bungalow. Accueillis chacun par un drapeau indien (eh vi, c'est toujours independance day!) et une démonstration de serpents par un homme très "décoré" de bijoux, nous prenons possession du logement et décidons d'aller arpenter la réserve naturelle. Du fait des récentes pluies, les chemins pénétrant la forêt sont interdits d'accès... Qu'à celà ne tienne, nous allons tout de même la longer!
Sonny commence à discuter avec un des gardes forestiers à l'entrée de la réserve, qui n'hésite pas à abandonner son poste, prendre place dans notre voiture et faire office de guide touristique!
L'homme ne s'exprimant qu'en kannada, nous pouvons poser nos questions et notre chauffeur se transforme instantanément en interprète. 600km², une quarantaine de tigres, 2500 éléphants sauvages et des milliers de daims... Nous devrions tout de même apercevoir un peu de vie...
Peut-être du fait du temps pluvieux, nous n'avons vu que des "spotted deers" (daims mouchetés, considérés comme casse-croûtes à tigres, comme nous le rappelle si tendrement le garde forestier), paons et autre rongeurs.

De retour de notre promenade, Isabelle et moi prenons successivement le volant (bon, nous avons beau être sur une route où nous ne croisons personne, intégrer la conduite à gauche mais aussi la voiture montée à l'envers, ça nous fait beaucoup de paramètres à gérer d'un coup, mais nous relevons le challenge avec brio!).

Petite soirée sympathique au camp, coucher tardif sachant que le lendemain nous retournons dans la forêt à 6h... Décidément, la vie ici, c'est pas des vacances!

Jeudi 14 Août

Le 15 Août en Inde est le jour de l'indépendance. En effet, exit les anglais, français et portuguais le 15 Août 1947! C'est donc sur un ton guilleret que commence cette journée du 14. En effet, ce soir nous sommes donc en week end!

La couleur est annoncée dès notre arrivée au travail. En raison de cette fête nationale, des petits drapeaux indiens sont accrochés sur toutes les portes, et la carte de l'Inde a été reproduite à l'aide de gravillons sur le sol dans le hall de l'agence (la photo est beaucoup plus parlante). Un concours est même organisé: chaque employé doit se vêtir de ses plus beaux habits traditionnels! De ce fait, les femmes rivalisent de leurs sarees les plus étincelants et les hommes de leurs tenues traditionnelles (jupe et liquette, assez surprenant). Bien évidemment, l'équipe voisine prend son temps pour immortaliser cette journée en photos, ce qui n'est pas pour nous déplaire cette fois(les photos sont dans le blog).

Le pc d'Isa a aussi décidé de célébrer cet évènement: un virus l'a trouvé fort sympathique et a donc décidé de s'y installer! La voilà donc dans l'impossibilité de travailler et devant se débrouiller avec l'assistance technique indienne... Un épisode digne de It Crowd (les connaisseurs apprécieront), nous voici en plein dans les clichés des hotlines en informatique (genre "si je vous appelle, c'est justement parce que ce que vous me demandez de faire ne fonctionne pas!).

19h30, nous voici donc sorties du travail et nous réalisons que la mousson est enfin installée à Bangalore. Ce que nous assimilions jusqu'à présent à une petite pluie sans prétention s'est soudainement transformé en un véritable déluge. Comme à notre habitude, armées cette fois du parapluie d'Isa, nous partons en quête d'un rickshaw... Et nous réalisons que leurs chauffeurs sont beaucoup moins téméraires que nous! Rentrées bredouilles et trempées des pieds à la tête à l'agence (car il faut dire que même si nous avons un parapluie, nous ne sommes pas pour autant à l'abri des flaques), nous nous décidons donc pour commander un taxi. L'homme de la sécurité nous indique qu'il sera là dans 20 minutes et que nous pouvons patienter dans le hall en attendant, on va en profiter pour sécher! 25 minutes plus tard, toujours pas de taxi... Il s'avère que la ville est paralysée par cette pluie diluvienne et que notre taxi est toujours coincé dans les bouchons... Mais promis, il sera là dans 15 minutes! 20 minutes plus tard (tiens c'est bizarre, il n'est toujours pas là!), notre taxi est effectivement toujours coincé dans les bouchons! Trempée, pressée de rentrer et voyant le nombre de "collègues" attendant eux-aussi un taxi, le tout géré par une organisation (??!!) à l'indienne, je commence mystérieusement à perdre patience. Un anglais s'avance vers nous et s'enquiert de notre attente et destination. A priori, nous pourrions covoiturer. Il ne reste qu'à savoir lequel de nos 2 taxis sera le plus rapide à arriver!

15 minutes plus tard, James partage son taxi; tant pis pour notre chauffeur, il n'avait qu'à être ponctuel! La ville est effectivement bloquée par la pluie et nous faisons causette dans la voiture... James gère l'aspect commercial sur l'offshore et nous explique dans un français quasi parfait qu'il a fait un an d'études à Toulouse... Il s'enquiert de l'activité des bars qu'il avait pour habitude de fréquenter et visiblement rien n'a changé... Il nous explique qu'il repart demain sur Londres et qu'il doit revenir dans 2 mois. Rdv est pris si par hasard nous sommes encore par là.

Enfin rentrées à Diamond District, nous pouvons donc nous changer et enfiler des vêtements secs. Sonny nous propose de dîner à l'hôtel et d'organiser notre week end. Départ pour Mysore demain à 7h, le réveil risque d'être difficile (le tout bercé par le tonnerre)!

Mercredi 13 Août

Le petit déjeuner nous apporte désormais de moins en moins de surprises. Ce qui ne m'empêche pas de faire encore de mauvais choix et de me retrouver la bouche pleine de chili ou d'oignons au réveil... Il va peut-être falloir acquérir quelques paquets supplémentaires de mouth refreshner...

L'arrivée de la mousson se fait de plus en plus sentir à en juger par les routes détrempées à la sortie du travail. Nous rentrons tout de même en rickshaw lorsque nous entendons un crissement de pneus et un bruit tonitruant au milieu des embouteillages. Un livreur de pizzas a encastré son 2 roues entre une voiture et le terre plein central. Plus de peur que de mal, aidé de quelques passants, le voici réenfourchant son engin! Après s'être inquiétée pour le conducteur, c'est spontanément qu'Isa s'est inquiétée pour la pizza!

Mardi 12 Août

Enfin, nous pouvons clore la saga du téléphone! Nous avons désormais un téléphone débloqué, une carte SIM valide, et des unités pour appeler. Tout ceci après environ 4 passages dans la boutique Airtel. On ne peut plus simple quoi...
Après une bonne journée de travail, nous voici enfin au magasin Levi's. Le jean d'Isabelle a enfin été repris à "l'indienne". Ils lui ont fait des ourlets à la ceinture du jean... L'avantage c'est qu'elle peut grossir ;)
En sortant du magasin, nous nous mettons en quête dans un supermarché d'un paquet de pain de mie afin de pouvoir étaler notre nutella, de jambon et de bouteilles de coca. Il s'avèrera que nous sommes toujours dans l'impossibilité de trouver du jambon (ou alors exclusivement du jambon congelé de poulet... bourk!). Il va donc nous falloir aller dans des magasins plus grands pour réaliser notre quête!
Une petite pensée pour la femme indienne en cette fin de journée:
Comment un individu sachant aussi bien concilier tenues traditionnelles et nouvelles technologies, dont le physique est souvent synonyme de grâce et beauté, et qui passe quelques minutes chaque jour à se refaire une beauté dans les toilettes du travail peut-il:
  • téléphoner lorsqu'il est aux toilettes,
  • renifler,
  • cracher depuis le fin fond de leurs entrailles???

De suite, elles perdent sacrément en classe...

Lundi 11 Août

La journée commence plutôt mal... Après avoir attendu Santosh pendant une demi-heure, il ne s'est toujours pas pointé... Décision est prise de nous rendre au boulot par nos soins. Nous demandons donc au premier rickshaw s'il veut bien nous y emmener.
Le dialogue est des plus succints: "Yemlur?"
Visiblement il n'a pas l'air de comprendre.
Nous rententons, mais sans succès, il nous fait comprendre qu'il ne veut pas nous prendre et passe son chemin. Il est 9h55 et c'est pas gagné...
Un nouveau rickshaw nous accoste, seconde tentative:
"Yemlur?"
Il ne semble pas non plus comprendre... Qu'à celà ne tienne, on va tenter de le lui écrire!
Nous tendons notre bout de papier et c'est tout content qu'il nous répond:
"Yemlurre!"
Ah vi forcément, si on joue à ce point sur la prononciation, c'est pas gagné!
Négociation du tarif et nous voici arrivées à 10h20 au boulot... Matinales quoi...

Le déjeuner est lui aussi perturbé. La toasteuse est en panne! et notre traditionnel sandwich???

Décision est prise de nous rendre directement au Levi's à la sortie du travail pour enfin récupérer nos jeans... Nous arrivons au magasin et le vendeur nous reconnait de suite: "vous ne deviez pas revenir il y a 2 jours?" Euh ben si, mais on a eu comme qui dirait un imprévu... Isabelle demande à essayer le jean qui devait être ajusté. A priori il y a eu mécompréhension: il n'était réajusté qu'une fois payé! Nouos reviendrons donc de nouveau demain.

Nous allons dîner dans un resto calme où les serveurs s'adressent à nous en chuchotant. Grande première pour nous dans cette ville en permanente ébullition, à la fois déconcertant mais tellement agréable!

En rentrant, nous décidons de lancer une lessive. Nous sommes désormais parées à l'utilisation de ce que je qualifierai d'essoreuse géante à salade (photo à venir). En effet, nous avons procédé au branchement de "la bête" hier soir avec pour outils une fouchette en guise de tournevis. Evidemment, le résultat fut à l'image de notre technique de Mac Gyver. Après avoir appelé la réception, dont l'employé a aussi galéré dans le branchement (surtout à desserrer ce que nous avions bien vissé), peu sures de l'engin, nous avons fait une petite tentative à vide.
C'est avec surprise que nous avons découvert que l'on peut librement ouvrir le couvercle de ces machines en marche! C'était plutôt amusant à regarder tourner jusqu'à ce qu'une alarme stridente ne commence à retentir, qu'Isa ne sursaute et ne prenne la fuite suivie de ma personne! Le couvercle refermé, tout le monde reprend son souffle même le pigeon que nous avions réveillé et la machine reprend son cours. On s'occupera de tout ça demain!

Dimanche 10 Août

Levées un dimanche à 7h45! Pour ma part, ce fait insignifiant relève plutôt du record...
Nous avons appris lundi matin dans le journal que Bangalore avait été victime d'une tempête dimanche après midi (vents à 56kms/h en pointe et comme l'a si bien dit un certain Arun dans le journal: "étant donné que la tempête drainait beaucoup de poussière et que j'étais aveuglé, j'ai du ralentir lorsque je conduisais mon 2 roues" article constructif qui donne une belle idée de la mentalité :) ). La tempête serait-elle liée à notre réveil matinal??

Comme convenu avec Sonny, nous nous sommes rejoints pour le petit déjeuner à l'hôtel... Nous avons désormais découvert un support d'étalage pour le pot de nutella embarqué dans ma valise (il fait partie de notre kit de survie en Inde): Une sorte de crêpe faite à base de farine de riz: le dosa. Particularité, elle est épaisse, pleine de trous et cuite sur une seule face et comme me l'a si bien dit Shiv (qui depuis son retour de France, sillonne désespérément les grandes surfaces indiennes à la recherche de nutella), elle ne vaut pas une crêpe bretonne! Faute de mieux, elle fera l'affaire. On reste cependant en quête de mieux!

Le petit déjeuner englouti, nous voici donc enfin partis en route pour le parc national de Bannerghatta! Nous allons enfin rencontrer ces fameux tigres!

Il nous a fallu 1h20 pour faire 22kms... Et pourtant notre chauffeur était plutôt agile...
C'était pour nous la première occasion de sortir de la ville et de pouvoir apprécier un paysage moins urbanisé. Beaucoup de complexes universitaires (médicaux et informatique, les corps de métier les plus considérés à Bangalore) ont été construits le long de cette route, le tout espacé par quelques espaces verts ou marécages, quartiers résidentiels, salles de spectacles où étaient célébrés des mariages et des temples plus colorés les uns que les autres!

Arrivés à Bannerghatta (http://en.wikipedia.org/wiki/Bannerghatta_National_Park), nous faisons l'acquisition de nos billets: 120 rs pour le tour en bus dans la réserve et la visite du zoo + 50 rs pour l'appareil photo... Ca reste effectivement plutôt raisonnable... Petite fouille des sacs pour détecter tout emballage plastique nuisible aux animaux (qu'ils se font plaisir de substituer par un cone en feuille de magazine), pas de queue du fait de notre arrivée matinale, tout étant calculé, et nous voici parqués dans un vieux bus vert, grillagé style véhicule de CRS pour nous protéger des animaux! Notre statut d'européennes nous offre d'emblée quelques privilèges: je suis assise tout devant à côté du chauffeur (un plus pour mes photos, il n'y a pas de grillage ici) et Isa a le droit de choisir sa place! Ce qui ne fut pas le cas des autres passagers.

Nous voici donc en route cahin caha avec le bus, priant intérieurement que celui-ci ne tombe pas en panne au milieu des tigres! Le chauffeur a de surcroit un petit souci de vision: il peut à la fois regarder la route avec son oeil droit et me regarder avec le gauche! Ca peut rajouter un peu de piment à l'affaire tout ça! Au final, on peut se demander qui d'entres les animaux ou les humains constitue vraiment le spectacle.
Nous arrivons devant l'enclos des herbivores (voui, c'est une réserve naturelle, mais tout de même cloisonnée), ouverture manuelle de la grille et en route sur les chemins de traverse!
Premier invité de la visite, une sorte de grand cerf qui pâturait tranquillement dans les fourrés.
Nous croisons ensuite un bison qui semblait nous ignorer. C'est à ce moment que je tiens à souligner l'investissement personnel de notre guide: le voici qui descend sereinement du bus (est-ce qu'il voit que le bison n'est pas si loin??? ) attrape quelques brindilles et les lance vers le bison le tout en s'approchant des fourrés... Au pire, il a laissé les clés au compteur, on devrait pouvoir se débrouiller! Le bison n'étant décidément pas d'humeur à poser, notre chauffeur revient vers le bus mais ne se décide pas à remonter... Il m'attrape mon appareil photo et repart à la chasse au bison! Enfin un avantage à être blonde!
Poursuite de la visite: rencontre de daims mouchetés et autres bisons, paissant tranquillement ça et là...
Nous voici désormais dans l'enclos des ours. Accueillis par un ours solitaire, nous poursuivons notre chemin et croisons des ours à dormir ou à jouer, et un ours curieux puisqu'il est venu inspecter la carrosserie de notre bus... Quand je vous dit que je me demande qui fait le spectacle...
La suite de la visite se fait par l'enclos des tigres... De suite, ça devient plus intéressant! Heure de repos pour certains, ou de s'abreuver à la rivière pour d'autres, nous les voyons évoluer et ne semblant pas se soucier de notre compagnie.
Nous arrivons maintenant dans l'enclos des tigres blancs... Euh je ne suis pas daltonienne, mais celui que j'aperçois là est plutôt roux! Lorsque soudain apparaît le tant attendu tigre blanc, somptueux. Petit règlement de compte avec son congénère (peut-être pour s'organiser pour la pose sur la photo, l'histoire ne nous le dira pas) et on repart! Passage devant d'autres tigres blanc ou roux, des jeunes en cage qui jouaient ensemble lorsqu'Isa me sort qu'elle en ramènerait bien un... Euh voui, pourquoi pas, euh, on va étudier l'idée!
Nous poursuivons par l'enclos des lions. La vie a l'air belle! et moins tranquille pour les lionnes...
Retour vers notre point initial, un petit pourboire pour remercier notre chauffeur de son investissement et nous voici dans le zoo. Assez décevant comparément au safari. Les enclos des animaux sont mal entretenus et de ce fait les hippopotames n'ont pas accès à une goutte d'eau pour faire trempette. Visite des serpents, dont les indiens sont friands, enclos des singes (la plupart étant en liberté dans le parc), des paons (est-ce qu'ils crient comme leurs homologues français? Nous ne le saurons pas...) et autres reptiles ou sauriens. Nous passons devant un troupeau d'éléphants (ils ne sont séparés des humains que par une simple clotûre) lorsqu'un homme nous interpelle et nous fais signe de nous rapprocher. Il nous ramène un éléphant qui nous propose de lui carresser la trompe... Ca pique! Le temps de poser pour la photo, l'éléphant a eu le temps de rapprocher sa trompe de ma joue et d'après Isa il a voulu me faire un bisou. Fort heureusement, je ne l'ai jamais entendue me le dire lorsqu'elle me photographiait car je n'aurai pas garanti ma réaction...
L'éléphant étant associé à un dieu hindou appelé Ganesha, il est de coutume pour les indiens de se faire bénir la tête par sa trompe moyennant une "offrande financière". C'est ce que firent certains membres du public.
Dernier point fort de notre visite, la "chevauchée" d'un éléphant (après le chameau en avril, je retente l'exotisme). Mais rien ne vaut un bon cheval!
De retour vers la ville (notre planning étant plutôt serré; Amit doit passer nous prendre pour aller visiter un temple), passage devant ces temples toujours aussi colorés, ces salles des fêtes (je reviendrai sur les mariages quand Praveen m'aura montré ses videos), blocage dans les embouteillages (eh vi ça ne s'arrête jamais ici)... Le dur retour à la réalité... Message d'Amit à la réception de l'hôtel... Il vient nous chercher dans 45 min!

Une heure plus tard (la fille d'Amit ayant décidé de s'accorder un peu plus de sieste), nous voici embarquées dans sa voiture et en route pour Iskcon Temple (http://www.iskconbangalore.org/contents/multimedia/) à l'autre bout de la ville. Iskcon temple est une dénomination pour International Society for Krishna Consciousness. Il y en a plusieurs dans le monde. Première approche de la religion hindoue un peu curieuse... De nouveau une heure de route du fait des embouteillages... Nous retrouvons Shiv et son coloc à l'entrée du temple. Le souci, c'est que nous retrouvons aussi quelques milliers de fidèles!

Le temple est d'une ampleur démesurée. Un circuit d'attente nous mène vers les consignes à chaussures. Forte d'avoir lu quelques guides au préalable, me voici armée d'une paire de chaussettes de sport aux pieds (vu le chemin qu'il nous reste encore à parcourir, ce peut être judicieux...), et nos appareils photos se font refouler à la fouille des sacs... Shiv s'est gentiment chargé de les ramener à la voiture... Nous passons ensuite le portique puis une seconde fouille dans une cabine pour les femmes (la voiture avait à peu près eu droit au même traitement...). Nous pouvons enfin nous rendre au temple!

Ce n'est qu'au bout de très peu de temps que j'ai commencé à regretter mes chaussettes lorsque nous avons du piétiner dans l'eau... Nous poursuivons donc notre trajet le pas lourd vers le temple et arrivons au premier lieu de prière. Impossible de passer outre, notre circuit étant guidé par des barrières, le tout accompagné par une musique entêtante louant Krishna. Les formalités d'accès au premier temple sont simples mais fastidieuses: une petite prière à réciter (chaque fidèle se voit fournir les paroles à l'entrée)... 108 fois! Impossible de se tromper, la montée au petit temple est guidée par 108 dalles de marbre, chacune ayant de ce fait droit à sa récitation. Des panneaux affichent la consigne suivante au pélerin: "Chantez haut et fort de sorte que l'on puisse vous entendre". Et il faut dire qu'ils y mettent du coeur. Imaginez vous donc réciter 108 fois la chose suivante:

"Hare Krishna Hare Krishna

Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama

Rama Rama Hare Hare"

Facile, mais entêtant!

Les 10 dernières dalles sont sur les marches de la montée au petit temple. Sur le seuil de l'entrée, nous avons possibilité de faire sonner une cloche (je ne m'y risque pas par respect de leur religion) et nous nous voyons ensuite distribuer un bonbon. Passage devant une divinité dorée, quelques urnes pour se défausser de quelques roupies et enfin nous pouvons reprendre notre chemin pour le grand temple!

Tout le temple est fait de marbre blanc (aucune couleur contrairement à la majorité des temples croisés sur la route dans la matinée) et le coucher de soleil lui donne une teinte mordorée... Sympathique...

Enfin, nous pénétrons le grand temple. 3 statues recouvertes d'or et de colliers de fleurs de Krishna à différentes étapes de sa vie, le plafond représentant aussi quelques scènes, des urnes pour les offrandes à divers points stratégiques de passage... Un moine bénissant quelques offrandes que l'on peut acheter à l'extérieur comme à l'intérieur du temple... Des stands de livres sur la religion hindoue... Au lieu d'un recueuillement, nous nous retrouvons dans un haut lieu de cacophonie. Nous nous asseyons quelques minutes au centre du temple, accompagnant Amit et sa femme qui terminent leur méditation. Des gens tournent sur eux même parmi la foule tout en priant, d'autres s'inclinent à plusieurs reprises devant les statues. A chacun sa manière de communier!

La sortie du temple nous guide vers une enfilade d'étals divers: nourriture confectionnée à partir des offrandes faites et dont les bénéfices de vente servent aux bonnes oeuvres, nourriture bio, diverses icônes et articles religieux, encens, médecine ayurvédique, cartes postales... Le tout bien évidemment béni des dieux! Les murs du bâtiment sont couverts des noms des plus généreux donateurs. Une sorte de palmarès de la donation!

Nous continuons notre chemin parmi d'autres stands de nourriture, Shiv nous offre à chacune une statuette de Krishna que nous amènerons au bureau. En sortant du temple, nous recevons une offrande des dieux: une sorte de risotto (à l'aspect, pas au goût) servie dans une feuille séchée moulée en forme de coupelle... Pas très bon et en plus faut manger avec les doigts... Difficile de me convaincre de mettre les doigts dans une bouillie gluante, sachant que j'ai mis des chaussettes pour ne pas me salir les pieds!

2 heures après notre arrivée, nous voici donc à récupérer nos chaussures et raccompagnées à l'hôtel par Amit, le tout en se faufilant dans les bouchons bangaloriens!

Nous avons décidé ce soir là d'installer la machine à laver, mais je garde l'histoire pour lundi!

Samedi 9 Août

Finalement, le sommeil aura eu raison de nous. Et la grasse matinée fut fort appréciée.
Nous n'avons eu des nouvelles de notre guide que vers 13h30 car il avait été retenu par son travail. Notre petite virée en dehors de la ville semble d'ores et déjà compromise.

Le petit déjeuner n'étant plus servi, nous adoptons pour le déjeuner à l'hôtel. A croire que je m'y ferai à la cuisine indienne à petite dose. Les plats ont fort heureusement meilleur goût qu'ils n'en ont l'air...

Nous rejoignons Sonny qui nous propose de faire un tour dans un centre commercial. Nous apprenons que la conduite indienne n'est finalement pas si sure que cela... Il en a laissé un bout de son pare chocs!

Nous cédons donc à l'occupation hebdomadaire des indiens (shopping et ciné) et nous nous mêlons à une foule déjà bien compressée... Après quelques boutiques, décision est prise de se faire une toile, histoire de tester cette fameuse gold class! Les dernières places pour les films anglophones étant vendues pendant notre attente, nous optons pour un autre cinéma en ville. Pas de séance en gold class et Isa ne veut pas aller voir le bollywood qui vient de sortir et semble faire fureur (reprise d'un film de Jackie Chan en version bollywood, c'est un truc à voir!), il ne nous reste que Batman. Enfin, restait, car là encore nous nous sommes faits devancer par les autochtones! Dépités, nous sortons du ciné et c'est à ce moment là que nous apprenons que les places de ciné font fureur sur le marché noir indien... Finalement, nous voilà chacun armés d'une place (300 rs au lieu de 200... Bénéfice certain pour le vendeur mais tout de même fort raisonnable pour notre budget!).
La surprise est de taille quand nous rentrons dans le cinéma: passage d'un portique à l'entrée pour la détection des métaux, fouille des sacs. Ascenseur direction le 4ème, là où se trouve notre salle. Les éléments de base contributeurs à un bon film sont présents: glaces, sodas et autres popcorns. Ceci sans compter sur l'indian touch! On peut effectivement se faire entres autres une assiette de nouilles végétariennes pendant une séance!
Arrivés dans la salle, passage devant un vendeur de popcorn (si toutefois nous n'étions pas encore décidés) et installation à nos places (celles-ci étant attribuées). La petite musique d'ambiance à faible volume que nous retrouvons dans une salle française se transforme en techno indienne tonitruante... Surprenant, fatiguant...
Lancement des publicités puis des bandes annonces (chaque extrait étant précédé d'une diapositive du certificat de validation du film par la censure). Une bande annonce en anglais, une en hindi, une en anglais, tiens la suivante en hindi est bizarre, et de surcroît l'intégralité de la salle se lève instantanément... C'est à ce moment là que nous apprenons qu'il s'agit de l'hymne national... Et c'est parti pour 3 minutes...
Passé ce moment solennel, retour à la cacophonie... Le film commence, à quoi bon s'arrêter de téléphoner???

La séance me fut quelque peu abrégée par un petit égarement de ma part d'une vingtaine de minutes, les fauteuils étant plutôt confortables et le dossier inclinable ;) Mais au moins j'ai pas ronflé moi!

(Retour après une petite interruption électrique... Le générateur de l'hôtel met quelques minutes à s'enclencher!)

Cela fait maintenant 1h20 que batman et le joker s'affrontent inlassablement à l'écran (je reconnais que le résumé est on ne peut plus succint), et nous voici plongés en plein suspense par le film. Soudain, en plein milieu d'une scène, le mot "intermission" s'affiche à l'écran. La salle se rallume et le public se rue vers la sortie... Euh, faut évacuer (il ne reste plus que 5 personnes assises dans la salle)??? Ah non, les indiens ont des entractes au ciné pour les films d'une durée supérieure à 1h30!
5 minutes, montre en main, le temps pour chacun de se ravitailler à coup de plateaux de nouilles, popcorns et autres plats...

Le film reprend et nous apercevons déjà des gens finir de visionner le film debout la main sur la porte de sortie... Quel moment de détente...

Nous poursuivons la soirée dans les bars huppés de Bangalore afin de cotoyer la jeunesse dorée, des occidentaux ou cette population d'informaticiens fortunés. Exit les tenues traditionnelles et vives les talons aiguilles et autres parure déshabillées! Le contraste est de taille, le budget toujours pour nous raisonnable...

Finalement, nous partirons tôt demain matin pour voir les tigres. Et cette fois pour de bon!

Vendredi 8 Août

Avance et ne te préoccupe pas de ce qu'il se passe derrière...
C'est le letmotiv de tout chauffeur indien... En effet, un véhicule doit signaler ses intentions à ses prédecesseurs en klaxonnant. C'est uniquement à ce moment que ceux-ci vont lui prêter attention...
C'est aussi malheureusement ce que je ressens de la philosophie du pays...
Il y a 10 ans, Bangalore était surnommée "the garden city", c'était en quelque sorte le poumon vert de l'Inde, du fait d'un climat doux et tempéré et de la présence de lacs et d'une grande verdure. L'explosion économique entraînant un boom démographique, il ne reste de ce poumon que goudron, béton et pollution... Et des milliers de personnes continuent à affluer. Des actions sont menées pour l'environnement et le recyclage, mais le gaspillage est de mise...
Nous avons enfin l'explication de nos douches froides (dans les salles de bains jouxtant nos chambres): un chauffe eau solaire... Sauf qu'il nous a été expliqué que l'eau chaude ne commencait à venir qu'au bout de 20 minutes d'eau qui coule à pleine pression... De même, les fuites ne sont que très rarement réparées... Je crois que je vais garder mes quartiers dans la seule salle de bains possédant un chauffe eau.

L'eau à Bangalore est une ressource difficile à gérer et acheminer; tout se fait par camions citernes plus colorés et décorés les uns que les autres... Mais ceci ne freine en aucun cas les indiens dans leur consommation... Quand la population va-t-elle se décider à se préoccuper des générations suivantes???

Le petit déjeuner prend désormais des airs indiens. Je ne me suis pas encore décidée à goûter les plats en sauce ou à base de semoule et oignons par respect pour ma voisine de bureau ;) mais j'ai par mégarde attaqué la journée au green chili pepper (traduction: petit piment vert qui arrache). Une journée qui commence fort!

Santosh avait un peu de retard - de ce fait nous avons eu tout le temps d'admirer l'étal de guava (désormais ces fruits ont un nom) - et nous voici arrivées saines et sauves au travail. Finalement, son niveau d'anglais était suffisant pour comprendre de ne pas venir nous chercher avant Lundi. Tant pis pour l'hindi ;)
L'effectif de la sécurité a sacrément diminué à l'entrée comme nous l'avaient prédit les collègues, la menace terroriste se faisant moindre. De suite nous rentrons beaucoup plus vite.
Journée de travail dense qui commence par communiquer ce numéro de téléphone durement acquis! Désormais, nous sommes joignables!

Joie de courte durée, car le vendeur m'appelle et me baragouine dans un hindi/anglais qu'ils se sont trompés de carte SIM et que nous devons repasser à l'agence pour la changer (étant donné qu'ils fonctionnenent sans informatique, il va effectivement être difficile de rattraper une erreur). Nous repasserons quand quelqu'un sera en mesure de nous accompagner pour faire office de traducteur.

Aujourd'hui, pas de fête dans le bureau donc pas de distribution de spécialités locales et peu de coupures de courant. Une journée fort calme de ce fait!

Sortie du travail 20h (finalement, le calme nous joue des tours), les seuls rickshaws disponibles devant l'agence proposent leurs services à prix d'or. Décision est prise de remonter à pied vers la route principale dans le noir complet, sur une route en construction avec des semblants de trottoir. Nous avons appliqué à la lettre les conseils de Praveen: ne pas se préoccuper de ce qu'il se passe autour de soi, avancer et bien regarder où l'on met ses pieds. Fort bien nous en a pris, le trottoir est constellé de trous de 50cms de profondeur!

Arrivées sur la route principale, après une brève négociation avec un rickshaw, nous voici en route pour l'hôtel, tant pis pour les jeans.

Sonny nous propose de nous joindre à lui pour le dîner. Il nous emmène dans un resto appelé Barbeque Nation (http://www.barbeque-nation.com/gallery.htm). Le concept est plutôt sympa: une table avec un barbecue encastrable au milieu, des serveurs qui nous alimentent en viandes (toujours pas de boeuf), poissons et crevettes et nous nous chargeons de la cuisson. Seul petit bémol, la force des épices allait de façon croissante... Et la saucisse aux piments verts m'a laissé une sensation de feu impérissable et quelques larmes en souvenir :). Qu'à celà ne tienne, je vais éteindre le feu avec de la vodka! Isabelle, quant à elle, avait abandonné la dégustation quelques épices plus tôt... La femme d'Amit m'a expliqué ce dimanche qu'ils ne toléraient pas ce niveau d'épices... Je crois que je commence à m'acclimater :)

Passage dans un bar après le restaurant et rendez vous est pris pour aller voir ces fameux tigres le lendemain!

Une bonne nuit de sommeil en perspective!

Jeudi 7 Août

Le petit déjeuner ressemble désormais de plus en plus aux précédents. Ce matin, nous avons tout de même goûté des beignets de maïs (nous avons trouvé de la nourriture indienne fade !) et du porridge qui ressemblait plus à une substance gluante. Nous ne nous aventurons plus non plus dans la confiture : une sorte de gelée chimique ayant tout sauf le goût de fruits.
Santosh avait 10 minutes de retard du fait des embouteillages. Nous reconnaissons quelques têtes, le gars du stand de fruits nous salue et ne nous regarde plus comme des bêtes étranges. Nous avons la sensation de commencer à nous fondre dans le paysage.

Les coupures d’électricité ont une fois de plus rythmé notre journée de travail. En effet, la centrale électrique ne peut pas alimenter l’ensemble du réseau couvert et nous subissons régulièrement des pannes. Tout est géré : générateur qui prend rapidement le relais et les pc sont sur un réseau électrique protégé de ce genre d’accidents. En gros on peut compter sur 5 coupures dans la journée, 30 secondes dans le noir et 5 minutes sans clim à chaque fois! Désormais habituées, nous n’y faisons même plus attention. Nous avons appris que le gouvernement avait pris la décision de réinstaurer les coupures quotidiennes sur Bangalore et sa périphérie : 2h en ville : 1h entre 6 et 10h, 1h entre 18h et 22h, et 5 à 6 heures en campagne. Renseignements pris, notre hôtel est équipé d’un générateur, nous ne nous en apercevrons quasiment pas.

La pression mise aux indiens porte ses fruits ! Nous avançons dans les temps pour le moment (et ceux qui ont déjà travaillé avec eux auront surement du mal à me croire). De nouveau des problèmes réseau… On verra bien ce que ça donne…

Journée de travail somme toute tranquille ! Les avions de la Royal Air Force ont toujours le chic pour tourner au moment du déjeuner ; de ce fait nous ne nous entendons pas dans la cantine !

De retour à l’hôtel, quelques bouchons étant provoqués par une vache qui se moquait des klaxons et avait décidé de s’insérer dans la circulation à l’heure de pointe, nous avons des nouvelles de Sonny qui voulait savoir où nous en étions de l’achat de notre carte SIM. Nous lui expliquons que nous étions sur le point d’y aller ; pour faciliter les choses, il a pris la carte à son nom et l’affaire a été réglée en 5 minutes !
Nous avons désormais un n° de mobile indien (mais les indiens étant très performants, ils n’ont pas été capables de nous le donner J)

Sonny nous propose de sortir dîner qqpart, décision est prise pour un McDo indien ! Nous nous rendons dans un grand centre commercial à la périphérie de la ville, 40 min pour faire 2kms de bouchons à 21h (avec environ 4000 2 roues garés dans le parking, contrôle de sécurité du véhicule et fouilles de nos sacs à l’entrée) et goûtons notre premier Mc Do (117rs le menu, imbattable)… Pour l’instant c’est un menu bien français (sauf qu’ils ne connaissent pas les boissons light). Par contre, ils ne servent que du poulet ou des trucs végétariens et ne connaissent ni Sundae ni Mc Flurry. La prochaine fois nous tenterons le Mc Maharadjah !
Petite visite du centre commercial en sortant, les boutiques sont assez similaires aux françaises avec en plus quelques boutiques de Saree et autres étoffes. Décision est prise de revenir voir ça de plus près un week end !
Nous avons appris lors de cette visite qu’il existe 3 classes dans le cinéma de ce centre commercial dont la gold class : pour 600 rs (le prix d’une place française) le fauteuil fait 120 de large environ, tout est molletonné et champagne et petits fours à volonté ! Un film français de Lelouch en français sous-titré anglais est même à l’affiche...

C’et en rentrant que j’ai appris à mes dépends que les ascenseurs indiens n’ont pas systématiquement de détecteur de passage ! Je note qu’Isabelle n’a rien fait pour m’extirper des portes qui se sont refermées sur moi ;)

Demain, il nous faut expliquer à Santosh qu’il ne doit revenir nous chercher que lundi (pour ce faire, nous avons appris les jours de la semaine en hindi, au pire Praveen l’appellera), et aller chercher nos jeans ! Programme bien chargé !

Mercredi 6 Août

Ici, la routine commence à s’installer…
Le petit déj avait la même allure que la veille, le rickshaw avec lequel nous nous étions arrangées hier (le chauffeur s’appelle Santosh et comprend très peu l’anglais) était là à l’heure. Pour le retrouver, nous devons désormais traverser la route (heureusement, il y a la passerelle, sinon la traversée est un poil sportive, mais n’arrêterait pas un indien chevronné) et l’attendre tous les matins à côté d’un vendeur de fruits qui nous sont inconnus. Petite traversée sportive de la ville (c’est décidé, il nous faut trouver des masques car l’air est trop pollué), et arrivée au travail. Nous passons comme d’habitude les contrôles de sécurité (ils nous reconnaissent mais il faut toujours signer ;)) et pouvons commencer notre journée. Il est 9h45 et nous sommes les premières dans le bureau…..

Ce séjour nous permet de découvrir que le travail n’est pas la priorité des indiens. En effet, aujourd’hui une personne dans le bureau fêtait son anniversaire.
Son équipe a passé la matinée à décorer son bureau (fleurs, ballons, cartes…). La personne arrive vers midi (non, il n’a pas pris sa matinée) et ils ont passé le reste de la journée à discuter, téléphoner et grignoter ce qu’il avait ramené. Une journée très productive en soi ! C’est décidé, je m’installe ici !
De la même manière, mardi nous avions perdu Praveen au bureau qui s’est absenté pendant 2 heures sans prévenir pour se rendre à la banque… ou nous croisons régulièrement des personnes qui dorment ou jouent sur leur ordinateur…

Nous avons enfin réussi à nous familiariser avec les locaux de sorte que je ne me perds plus… En effet, mardi, en repartant du rez de chaussée vers le premier étage, je n’ai pas trouvé mieux que m’égarer sur un plateau (et même parmi 300 personnes, une blonde qui fait 3 fois le tour du plateau avec l’air de savoir où elle va n’est pas vraiment crédible !).

Les principaux soucis sont réglés au travail et nous avons enfin pu commencer à travailler. Nous avons clairement expliqué aux indiens nos impératifs en terme de délais et nous rendons compte qu’ils ne supportent ni stress, ni pression. De ce fait, ils sont en panique ! (et un indien qui panique, ce n’est pas évident à gérer… ça nous sort des idées farfelues du chapeau !).

Une fois de plus, nous sommes rentrées trop tard du boulot pour trouver un rickshaw devant l’agence. Amit nous a donc déposées au bout de la route et nous avons trouvé un chauffeur ! Nous avons même réussi à nous faire comprendre pour la route !

Ayant réussi à faire débloquer mon téléphone sur ce qu’ils appellent le « grey market » (en l’occurrence dans une boutique avec facture à l’appui !), nous voici donc en quête d’une carte SIM indienne… Nous prospectons dans une boutique Vodafone (SFR en France) et le vendeur ne parlant ni ne comprenant anglais, l’échange fut fort difficile… Nous sommes donc parties prospecter chez le voisin ! Nous avons aussi ici le système de forfait ou tél à carte. Le forfait se paie à la fin du mois en se rendant directement à la boutique (à priori, le prélèvement automatique n’existe pas… Ils reçoivent leur salaire en cash ou sur leur carte bleue), et pour utiliser une carte prépayée, il faut d’abord payer pour une durée de validité de la carte avant de payer du temps de communication.
Les tarifs sont peu élevés pour les tél à carte : 1 roupie la minute pour l’Inde, 5rs/min pour l’International… et environ 300 rs la carte pour un an de validité.
L’ouverture de ligne est par contre plus difficile : il faut fournir une photocopie de passeport, 1 photo d’identité, et une attestation sur l’honneur de l’hôtel pour notre adresse. Le temps de récupérer le tout, nous reviendrons demain !

Décision est prise de nous enfoncer dans les petites rues pour rejoindre une avenue commerciale (il est 19h30, les magasins ferment à 21h30 – 22h00, autant en profiter !) et nous voici dans la boutique Levis. AVIS AUX INTERESSES : LES LEVIS SONT A 30€ ICI ! Me fournir modèle, taille et couleur et ca devrait pouvoir partir par la poste J
Le vendeur ayant bien senti les acheteuses potentielles que nous sommes, il nous a déballé toute la boutique J
Les retouches sont gratuites et nous pouvons venir chercher notre achat dès demain.

Au retour, Isa a manqué de se faire écraser car nous ne sommes toujours pas habituées à la conduite à gauche ! Un indien l’a rattrapée au vol !

Petit resto sympathique et au dodo !

Je suis en train de mettre tout ça sur un blog. Le temps qu’Isa me rende l’accès à Internet (le voisin ayant coupé son WIFI :D)

Mardi 5 Août

LE REVEIL
Etant donné que j’ai, du fait de l’incident d’hier matin et après moults tests, installé mes quartiers dans la 3ème douche et qu’Isabelle avait aussi allumé son chauffe-eau, tout est rentré à la normale…
Au menu du petit déj : un muffin fourré aux fruits confits (tiens c’est nickel dans la poche pour le goûter du matin ça !), une sorte de viennoiserie typiquement indienne (ok, ils ont mis la dose en cannelle) d’après Isa (la légende nous confirmera qu’il s’agit d’un escargot danois…), fruits et salades de fruits. Et un jus de fruits rouges… C’est pas forcément terrible le jus de betteraves au petit dej ! Maintenant je sais ce que veut dire beet juice!

LE TRAJET
9h15, nous remontons vers la rue principale pour chercher Praveen et trouver un rickshaw (le but étant de se mettre d’accord pour qu’il nous récupère tous les matins les 2 prochains mois, un bus payant est proposé par le boulot, mais rien ne vaut les montées d’adrénaline d’un trajet en rickshaw !). Après d’âpres négociations, il s’avère que si nous traversons la rue (il y a un passage surélevé un peu plus haut, autrement nous n’aurions pas accepté), le rickshaw nous fait une remise de 25% (étant donné que nous économisons 2kms de détour…). Rdv est pris pour demain 9h30, au pire j’ai mon dico de conversation hindi pour nous faire transporter !

LE BOULOT
Nous voici partis en route (et effectivement la vache repère était à son poste), descente du rickshaw sans y laisser un bout d’adn appartenant à mon genou comme hier (nous sommes trop grandes), passage des contrôles de sécurité (ben vi tu nous reconnais mais faut quand même signer et tout sortir le pc 2 fois par jour ?) et installation dans notre bocal.
Déménagement prévu pour 11h30 ! Nous sommes maintenant dans un bureau ultra sécurisé, pour lequel il faut badger et donner son empreinte de pouce.
L’enregistrement des empreintes fut un moment fort sympathique. Nous voilà dans le bunker de la sécurité devant une installation plutôt bancale: Amit a réussi à tout démonter rien qu'en tirant un tout petit peu dessus (du coup, en attendant que le garde remette le tout d'aplomb, on faisait les pitres en regardant les caméras de sécurité, et en faisant semblant de prendre le micro pour passer une annonce dans tout le bâtiment (il y avait 3 exemples placardés au mur : annonce en cas d’exercice évacuation incendie, annonce en cas d’évacuation incendie (la même que la première, mais sait-on jamais), annonce pour déclenchement inopiné de l’alarme incendie (la plus difficile, celle-ci faisant l’objet d’un texte à trous..) ... mettez 5 adultes responsables dans une pièce de 8m² avec tout plein de télévisions, et voyez ce que ca donne!)
Bref! Nous espérons donc maintenant que les connections dont nous avons besoin pour travailler, et sans lesquelles nous devons faire depuis le début de la semaine, nous soient installées rapidement!

LE DEJEUNER
Juste avant le déjeuner, Shiv nous emmène voir la salle de sport à dispo des salariés, la banque et la vue sur l’ancien aéroport qui est devenu un centre d’essais aéronautique de la Royal Air Force (héritage britannique). Maintenant nous comprenons mieux pourquoi nous entendions tous ces avions militaires tourner autour de l’agence. Nous n’avons toujours pas trouvé le courage de nous lancer dans les plats indiens de la cantine ; ils ont vraiment l’air épicés et puis on se dit que nous aurons d’autres occasions de les goûter… De ce fait, nous réoptons pour le menu d’hier, enjolivant nos toasts de fromage de qq pommes de terre et oignons… sommaire mais pas mauvais ! L'après midi, Shiv nous a gentiment offert une boite de bonbons indiens chacune: ce sont des sortes de gros cubes, d'aspect filamenteux, avec des graines de pistaches ou autre, qui fondent dans la bouche. On peut en trouver à différents gouts, les miens sont à l'amande, Isa a eu droit à l’orange, et c'est délicieux! Une personne du bureau que nous ne connaissions pas avait ramené des spécialités faites par sa maman (il rentrait de vacances dans sa famille) : du halwa, une espèce de grosse boule visqueuse faite de miel et autres choses collantes et grasses… Pas très appétissant à l’image mais pas mauvais au final !Ce soir, nous sommes allées faire quelques courses (les rudiments, à savoir: anti moustique électrique (nous avons chacune un moustique dans notre chambre à qui nous avons déclaré la guerre), lessive, éponge et produit vaisselle (il s’est avéré que le room service avait fait la vaisselle en notre absence, cool !), et du "mouth refresher")Les "mouth refresher": ce sont des petites graines de couleur, souvent constituées de réglisse ou de menthe, ou d'anis, et de diverses graines de céréales, et qui ont pour fonction de permettre aux indiens de se parler les uns aux autres l'après midi sans désagrément (parce que les oignons crus et les épices ont un poil tendance à charger l’haleine et occasionner qq remontées fortement disgracieuses mais dont ils ne se privent pas !). C’est à la fois fondant et croquant sous la dent, coloré et curieux et j’adore. Depuis le magasin, nous sommes rentrées à pied (ca n'est pas trop loin, 10min environ), en suivant à la lettre les conseils de Praveen: ne pas regarder ce qui se passe, mais surtout regarder où on met les pieds: les trottoirs de Bangalore sont plein de pièges (trous, bosses, bouses)! Du coup, on a failli se prendre un fil qui pendait entre deux arbres pile à la hauteur de nos cous ... Nous sommes un peu plus grandes que la moyenne !Notre guide de dimanche est venu frapper à notre porte ce soir, nous proposant de nous emmener manger à un restaurant italien... Rdv est pris avec lui pour débloquer mon téléphone demain afin de pouvoir y mettre une ligne indienne (nous aurons besoin de traducteurs hindi au bout du fil pour nous débrouiller dans nos aventures) et samedi nous allons voir une réserve de tigres du Bengale !

Lundi 4 Août

LE REVEIL

Première journée de travail. Réveil à 8h (soit 4h30 heure française). Difficile car je n’ai réussi à fermer les yeux que vers 5h (la faute au décalage horaire et à un moustique…).

Comme j’avais eu l’idée de mettre le chauffe-eau en marche avant de fermer les yeux, je saute direct dans la douche pour me réveiller. Sauf qu’il s’avère que cette douche n’est pas desservie en eau chaude…. Décision est prise de mettre l’eau à chauffer dans la 3ème salle de bains… Isabelle, quant à elle avait oublié de mettre son chauffe eau en marche… Nous voilà donc bien en avance…



LE PETIT DEJ

Petit déjeuner vers 8h45. Etant donné que manger de la semoule et des oignons ne nous a pas tentées à cette heure, nous nous sommes rabattues sur les concombres (en salade pour ma part, en sandwich pour Isa), salade de fruits et quelques viennoiseries (loin des françaises…). Les chocapics indiens ont parait-il un vrai goût de chocapic… Nous avons tout de même tenté un bout de « pancake indien » jaune. Isa croque la première à pleines dents, et c’est à ce moment là que j’ai compris que pour elle « chaud » n’était pas forcément lié à la température mais voulait aussi dire que ça arrache ! :d



9h15, Praveen vient nous chercher, négocie avec un rickshaw pour nous emmener au travail et nous voici partis escortées de Praveen en scooter. Nouvelles frayeurs sur la route et quelques rencontres bovines! Le trafic est beaucoup plus dense et notre chauffeur n’hésitait pas à prendre les trottoirs pour ne pas perdre de temps. La pollution file bon train et nous décidons donc qu’il va nous falloir trouver des masques...



LE BOULOT

Le bâtiment du boulot se trouve au bout d'une route (il faut tourner à droite quand nous avons une vache au milieu du carrefour. Il paraît que c’est une habituée…) qui est bordée de champs de terre déserts sens dessus dessous; quand on tourne pour s'engager sur cette route, on se croirait parti pour un terrain vague ou une autre non-destination. On descend donc du rickshaw juste devant ledit bâtiment, déjà épuisées mais ravies de cette montée d'adrénaline dès le matin (quand même, d'ici 2 semaines, j'espère qu'on arrêtera de crier à chaque "zigzag" ... On a prévu de filmer un trajet pour rendre compte du bazar). L’agence est imposante (3000 personnes sur 3 niveaux, 3 ailes et une nouvelle en construction) et très sécurisée comme l’ensemble des bâtiments indiens :

Fouille (si on peut appeler ça comme tel) des sacs à l’entrée

Signature de 7 registres pour moi, le pc, la porte 1, le badge temporaire, la porte 2, la porte 3, la porte 1’ (mais comme la main d’œuvre coûte peu cher, on fait tout sur papier même si nous travaillons dans l’informatique)

Nous voilà parquées dans un bureau vitré.. Ma blonditude attirant l’attention des indiens, nous avions vraiment l’impression d’être exposées dans une foire… Y en a même un qui en a laissé tomber sa tasse..

Force est de constater que nous n’avons toujours pas le réseau Airbus pour travailler. Ca commence bien…

On va appeler la France.. Ah faut taper un code secret à 8 chiffres avant les 13 chiffres pour le numéro français ? Ben ça va être pratique tout ça !

De toute manière le déjeuner arrive (enfin c’est vite dit étant donné qu’ils mangent vers 13h30…)



PREMIER DEJEUNER A LA CANTINE

La cantine se trouve au dernier étage du bâtiment et son accès nécessite un passage par les toits (pas vraiment sécurisé, nous ne verrions jamais ça chez nous). Au menu, cuisine traditionnelle indienne veg ou non veg, servie à même le plateau (chaque plat à sa petite case !), stand de fruits, stand de sandwiches et popcorn. Un peu réfrénées par le service au plateau, nous décidons de nous prendre un toast grillé au fromage, salade de fruits (préparée sous nos yeux), et jus de fruit pressé lui aussi sous nos yeux. Le tout pour environ 50 roupies soit 5 francs !



LA SOIREE

18h30, il fait déjà nuit noire dehors. C’est assez déconcertant, d’autant plus que l’agence se vide à vitesse grand V. Shiv était chargé de nous trouver un rickshaw, négocier le prix et nous escorter avec sa moto… La classe !

Trop crevées de notre journée, nous dînons à l’hôtel et optons pour des pâtes… Sauf qu’ils ont décidé de les épicer à l’indienne me concernant. Les larmes m’en sont montées aux yeux et le serveur a trouvé cela plutôt drôle. Tu perds rien pour attendre toi !

Dimanche 3 Août

Hier soir, nous avions plus ou moins convenu de tenter de nous réveiller pas trop tard, histoire de rattraper si possible le décalage horaire... Conformément à mes habitudes, ce fut impossible... Vers 12h30, j'entends une petite voix qui m'appelle en me tapotant le bras... Il paraît qu'Isa tape depuis 5 minutes à la porte, elle a pris la liberté d'entrer :d
Paraît-il que pendant que je dormais à poings fermés, dans son sommeil elle a entendu un carillon de porte (après test, il est vrai que seul un sourd peut le rater)...5 carillons plus tard, elle se lève pour aller ouvrir, un rapide coup d'œil à l'horloge murale... aïe! Il est 11h30 ...Après avoir fait comprendre aux personnes venues pour faire le ménage que nous dormions encore, elle referme la porte non sans maudire les mecs du ménage, qu'elle a entendus se moquer de sa tête pas réveillée...
Nous sommes donc prêtes pour 12h30... Evidemment, le petit déjeuner n'est servi que de 7h à 10h, donc c'est râpé ...Qu'à cela ne tienne, on se rabat sur un déjeuner! Question: où aller manger ?On peut choisir la solution de facilité, à savoir manger dans l'hôtel, ou alors aller faire un tour et trouver comme des grandes de quoi se sustenter..Dans notre grande motivation d'aventurières, on opte pour la seconde option: on part faire un petit tour!Ca nous permet de prendre connaissance de notre environnement immédiat, à savoir l'immense résidence du "Diamond District": piscine au milieu, terrain de basket, le tout entouré de grands bâtiments plutôt pas trop moches. En 15 min, on a fait un tour du propriétaire, sans trouver quoi que ce soit qui s'apparente à de la nourriture, alors braves comme nous sommes, nous nous rabattons sur le restaurant de l'hôtel!Le déjeuner s'organise autour d'un buffet à volonté (250 roupies soit 25 francs par tête... Je ne me fatigue même plus à convertir en euros) . Tous les plats portent un nom, indien bien sur, et on n'en reconnait aucun (sauf le Dal, qu'on a pu gouter quand les indiens ont cuisiné pour nous à Toulouse).A vue d'œil, il y a une salade de tomates cerises, une salade de fruits, une salade de carottes râpées, des petites brioches, des sortes de gressins, et puis des plats chauds. Même pas peur, et puis surtout très faim, on tente! Le résultat n'a pas été trop mauvais: un peu épicé pour certains plats (le Dal, un plat de poulet, un autre de bœuf, un tandoori), très "commun" pour d'autres (les salades de tomates, de carottes et de fruits sont seulement assaisonnées, mais ça ne pique pas!), plats végétariens à foison aussi.Le chef de salle nous a même fait apporter du pain indien (Naan) pour manger notre Dal (comme les vrais indiens, en se servant du pain comme pince pour attraper ce qu'on mange). Le dessert a donné lieu à d'autres surprises: une sorte de gelée de fruits (des fruits en gelée plutôt, pas mauvais), une sorte de boule, taille boule de glace, de maïs et de céréales, marinant depuis quelques bonnes heures dans une sauce au beurre et au curry certainement (sensation très bizarre, on ne renouvellera pas l'expérience!), et de très classiques boules de glace vanille et chocolat (pas moyen de choisir les parfums!).On en est ressorties repues, et contentes de nous!
Retour à l'appart pour préparer une sortie un peu plus longue que ce matin: objectif, aller à pied jusqu'au Leela Palace dont Shiv nous a vanté hier l'intérêt, et qui est non loin de l'hôtel. En sortant, nous nous faisons héler en anglais par un indien qui mangeait à l'hôtel, nous demande d'où nous venons, et ce que nous faisons là (les indiens sont sociables et peu sauvages, ils faisaient pareil dans l'avion). Sonny est un chef d'entreprise (qu'il qualifie de petite, 120 employés) américain d'origine indienne mais qui a émigré aux USA il y a 20 ans pour ses études, et qui nous propose après quelques mots de nous emmener en ville et de nous servir de guide vu qu'il n'a rien à faire aujourd'hui et qu'il est coincé à Bangalore pour le travail. Ni une, ni deux, on est partantes! Première frayeur: il nous avoue que son chauffeur est en congés le dimanche, donc il conduit lui même! Ceci dit, au vu de la "bête" (un 4x4 indien de marque TATA), on a un peu moins peur. Nous voilà partis pour le centre ville de Bangalore !!! On croise notre première vache à à peine 2min de l'hôtel! Rapidement, on coordonne nos exclamations de frayeur quand on manque de renverser un piéton, un tuk tuk ou encore des voitures roulant à plat (nota: ils se sont jetés sur la voiture... Force nous est de constater que c'est une habitude... Le rond point de l'étoile à côté de ça, c'est de la rigolade)...Un jour on se fera à la circulation indienne... Ou pas...En attendant, c'est totalement flippant mais surprenant parce qu'on à l'impression à chaque seconde que ca ne va pas passer sans de la casse, mais force est de constater que la circulation se fait avec une certaine aisance, une certaine fluidité, qui laisse penser qu'il ne doit pas y avoir tant d'accidents que ca. Et puis, comme nous fait remarquer Sonny, la vitesse est moindre (en moyenne 50km, pas plus), donc les conséquences n'ont rien à voir avec nos accidents en Europe... Nous commençons par garer la voiture sur le parking d'un hôtel que Sonny connait bien (nous verrons en fait qu'il connait beaucoup de monde ici et qu'il est très influent). Ensuite, nous partons tranquillement à pied dans les rues commerçantes de Bangalore: il y a du monde partout (Les trottoirs, souvent inexistants ne sont pas assez larges)! On est dimanche, et tout est ouvert! Les panneaux publicitaires sont tellement nombreux partout qu'on n'en distingue finalement aucun ...Il y a beaucoup de magasins de marques, il faudra qu'on revienne pour comparer les prix avec ceux pratiqués en France! En parlant de magasins, nous réalisons qu'il serait bon de se procurer quelques roupies! Notre guide nous propose alors de nous indiquer un endroit où nous pourrons changer sans trop perdre...Il passe 2 ou 3 coups de fils, et nous propose de rejoindre l'endroit en question en tuk tuk!!! Notre premier !!!!
Le tuk tuk ou rickshaw est une sorte de petite voiturette, une sorte de mobylette à 3 roues, très pratique pour se rendre d'un lieu à un autre, pas trop éloigné, en centre ville, sans risquer de se faire rouler dessus à tous les coins de rue ... enfin presque!Tous les tuk tuk de Bangalore sont jaunes et verts, facilement repérables, et il y en a partout, tout le temps! Ils se faufilent dans la circulation avec une aisance remarquable...D'après notre guide, il y en a autant parce que ca ne coute pas cher à l'achat, contrairement à une voiture, et tout le monde les utilise (même les locaux).Après 10min de zigzag entre les voitures, nous descendons à hauteur de la rue commerçante la plus importante de Bangalore.Le changeur se trouve quelque part par là, et nous nous allégeons de qq euros...Fortes de nos roupies, nous repartons par le même chemin, toujours avec Sonny. Il semble fatigué du bruit ambiant, et il est vrai que ca n'est pas de tout repos (les klaxons incessants, les bruits de la ville, les pots d'échappement ...), alors il nous propose de nous montrer un endroit calme où nous pourrons boire un verre tranquillement. Il nous emmène alors dans un hôtel très chic, qui possède un jardin intérieur, bordé de tables et de chaises, sur lesquelles nous prenons place. Le jardin est magnifique (même sous notre première averse de mousson), il est plein de palmiers et de plantes de toutes les couleurs, il y a même une piscine! Le calme est saisissant, c'est vraiment agréable! En ressortant, le portier en uniforme se prête avec gentillesse à nos exigences: la petite photo!
Après notre pause, nous repartons pour visiter le Leela Palace (but initial de la journée), immense palace, avec une architecture particulière! La voiture est fouillée à l'entrée (miroir, chien... ouverture du coffre par la sécurité, le tout sans nous adresser un mot), la sécurité est maximale! A l'intérieur, un autre jardin, tout aussi riche et varié! Le hall d'entrée est simplement immense orné de fontaines pleines de pétales de roses, le tout accompagné d'encens, et bizarrement silencieux (Isabelle a l'impression de pénétrer dans une cathédrale..). Là encore, nous prenons un verre, dans l'un des 3 ou 4 bars de l'hôtel.
Une galerie commerciale de luxe jouxte le palace (un pianiste joue sur son piano à queue dans le hall en guise de musique d'ambiance) et nous décidons de visiter une boutique de tissus. Le vendeur nous étale sa gamme d'écharpes dont les paschminas à 200€... Effectivement, c'est agréable au toucher!Pour finir, Sonny nous ramène à notre hôtel, et propose gentiment de jeter un œil à la connexion du pc portable d'Isabelle qui ne fonctionne pas ... nous y passons bien 1h30, Sonny pendu au téléphone avec le service d'assistance (I'm not a computer illetrate n'arrêtait -il pas de répéter au gars au téléphone..)... Au final, une solution temporaire est trouvée, et Isa peut enfin accéder à Internet !!!!!!! Pour clôturer la journée, nous proposons à Sonny de manger avec nous le soir (il est 9h30). Il nous propose alors d'aller manger dans un restaurant qu'il connait, le "T.G.I. Friday's". C'est une chaîne américaine, décoration à l'ancienne, musique ultra forte. Isa a commandé une sorte de hamburger avec des frites, mais c'est à son insu qu'elle a appris que le steak n'était pas fait de bœuf, mais de buffle!La journée a été vraiment intense, et fatigante (être attentif à ne pas se faire tuer sur la route, c'est épuisant ...), et nous expliquions à Sonny que l'appartement étant au drc, tout était vraiment très bruyant... Il a discuté avec le reponsable de l'hôtel (qu'il connait) et en l'espace de 5 minutes nous visitions 2 appartements... Résultat, nous avons emménagé au 3ème étage et en passant devant la réception, j'ai vu que l'hôtel prévoyait d'aller nous chercher ce soir à l'aéroport.... C'est pas gagné!!!

Samedi 2 Août

Bonjour à tous

Il est 1h du mat ici et pas envie de dormir car uniquement 21h30 en France... Voici donc mes aventures indiennes.

Tout va bien ici, beaucoup d'expériences depuis notre arrivée!
Le voyage Toulouse Paris s'est bien passé (grâce à Isabelle qui voyageait beaucoup léger, je n'ai pas eu à payer la franchise bagages). Nous avons ensuite traversé tout Roissy avec notre petite valise pour arriver au terminal où nous avons passé la douane et la fouille sans encombres. Nous avions donné rdv à Shiv (l'indien qui devait rentrer avec nous) à la porte d'embarquement... Le souci, c'est qu'au bout de 25 minutes de recherches, on avait déjà l'impression de l'avoir vu 50 fois avant de le voir sortir d'une boutique de chocolats. Les indiens se ressemblent, ca va être difficile là bas! L'embarquement a commencé dans les temps, nous avons attendu sagement qu'une bonne partie des voyageurs prenne le bus pour rejoindre le comptoir...
L'embarquement a été brusquement arrêté... La passerelle qui nous acheminait au bus a été déplacée vers l'étage inférieur pour le débarquement d'un avion... De ce fait nous sommes restés bloqués une bonne demi-heure.... Entre temps, il s'avérait que le vol avait fait l'objet de surbooking. Nous avons refusé l'offre des 600€, nuit d'hôtel et vol du lendemain, pas question de remettre notre départ!
Finalement, nous voilà Isabelle, Shiv et moi les derniers à monter dans l'A330, avion un tantinet plus gros que ceux dans lesquels j'ai l'habitude de grimper. Ma nuit blanche commencant à se faire sentir, j'ai quand même attendu la fin du décollage pour fermer les yeux. Isabelle a eu la gentillesse de me réveiller pour déjeuner, et je n'ai réouvert les yeux qu'1h30 avant l'atterrissage (sur 10h de vol, mon temps était plutôt optimisé!)

Au final, nous sommes arrivés à Bangalore avec 40min de retard.

L'aéroport est tout neuf et à priori ne ferme pas la nuit. Nous avons passé la douane (le policier s'y est quand même repris à 5 fois pour comparer ma photo sur le passeport et mon portrait, à croire que je n'étais pas très fraîche), et récupéré nos valises sans encombres. A la sortie de l'aéroport, nous avons cherché la navette de l'hotel qui devait passer nous prendre... Environ 150 personnes avec une petite pancarte... On a eu beau bien regarder, rien pour nous... Shiv a appelé l'hôtel pour savoir où était la navette... Ils n'avaient pas compris qu'un vol devant arriver le 3/08 à minuit nécessitait une voiture le 3 à minuit et non le 4... Donc ils n'avaient pas prévu de venir nous chercher. la voiture de l'hôtel était en panne de surcroit donc nous avons décidé de prendre un taxi.
Nous nous sommes fait accoster par un indien proposant ses services et Shiv a négocié le tarif dans un dialecte hindi/anglais. Première curiosité: le chauffeur, qui a gentiment pris un de nos chariot pour le pousser, fonce devant nous sans nous attendre ... curieux ...Deuxième curiosité: nous mettons bien 5min a pied a rejoindre son taxi ...Troisième curiosité: le taxi en lui même: c'est une sorte de combi WV (le truc qui donne l'impression qu'on va se retourner au premier virage), qui n'inspire pas totalement confiance au premier abord ... Shiv s'assure que le chauffeur a bien une license de taxi, et lui fait reconfirmer la destination et le fait qu'il faille embarquer TOUS nos bagages :) ...... et nous sommes partis (Isabelle ayant la tête dans les roulettes de sa valise :))!De nuit, on ne voit pas grand chose, juste une succession d'ombres et de lumières qui laisse deviner des camions, des scooters, ou même des gens sur la route (les phares ne semblent pas obligatoires). La conduite sur route en Inde tient toutes ses promesses: on conduit bien au klaxon et appels de phares (pour prévenir les autres de notre arrivée), il n'y a presque pas de feux sur les immenses allées que nous remontons, et de toute facon je ne suis pas sure qu'ils les respecteraient (cf les 2 ou 3 stop grillés sur le chemin). La première moitié de la route est toute (trop?) belle, elle a sans doute été construite pour relier le nouvel aéroport au reste de la ville (60km au bas mot).Dès qu'on rentre dans "la ville", les bosses et les creux reprennent du terrain (Isabelle me demande pourquoi le chauffeur ralentit avant chaque bosse jusqu'à ce qu'elle constate d'elle même que nous venions de râcler la route avec notre auto!). Ceci dit, la conduite n'est pas désagréable pour le passager, on n'est pas vraiment secoués, on n'a pas vraiment peur, on est juste un peu surpris par le fait que tout se goupille bien sans que personne n'y laisse un bras ou une portière... Il s'est finalement avéré qu'il n'y avait pas de trafic sur la route (comparé à aujourd'hui).Trouver l'hôtel fut une chose laborieuse... heureusement que Shiv ne nous a pas laissées toutes seules! Après quelques coups de fil, un demi tour (la route étant séparée par un terre plein central, il nous a fait faire 2 kms) et une petite marche arrière, nous voilà arrivés devant la porte de l'hotel dont nous attendons beaucoup: une douche chaude réconfortante, et peut être même un peu à manger (le dîner à bord de l'avion était un peu frugal..). Quelques formalités plus tard (genre leur expliquer la nuance entre nom et prénom), nous voilà dans notre appartement: immense! 3 chambres, dont 2 avec salle de bain et toilettes attenantes, et la troisième qui peut utiliser les toilettes et salle de bain indépendantes. Un salon, une salle à manger, une cuisine très bien agencée... Les lits des chambres sont impressionnants: 2x2m, je peux choisir dans quel sens dormir! Le tout est propre, mais vétuste. Première surprise: le chauffe eau à la demande (ca va être pratique le matin ça... anticiper sa douche de 40min)... On se passera de douche pour ce soir parce qu'on est trop crevées pour attendre... Deuxième surprise: le Wifi est en option et donc payant... Après aller retour à la reception, l'option est prise, je parviens à me connecter, mais Isabelle n'y parvient pas... Il est 4h du mat, nous verrons tout ça demain.Décision est prise de ne pas nous lever trop tard demain matin.... C'est pas gagné!