Finalement, réveillée pas trop tard et ne percevant aucun signe de vie dans la chambre voisine, je décide d'accomplir une de nos quêtes, à savoir trouver une carte de Bangalore. Me voici donc à déambuler dans les rues de Bangalore pour rejoindre la galerie marchande de luxe du Leela Palace qui abrite fort heureusement une librairie.
Profitant de cette promenade, me voici à flâner devant les boutiques de la gallerie: parfumerie, joailliers, créateurs de mode... Même habillée en jean, les vendeurs ont bien compris que j'étais européenne et donc une cliente potentielle... Me voici donc accostée à chaque pause lèche vitrine. Rapidement ennuyée par cet acharnement commercial, je décide de rejoindre la librairie.
J'ai donc réussi à trouver pendant ma quête:
- un atlas de Bangalore (108 pages de cartes tout de même...)
- une carte du Karnataka (l'état où est situé Bangalore)
- un livre sur le Taj Mahal (comme ça nous serons équipées le jour J!)
- le fameux "Bangalore Tigers" (Livre relatant le succès d'une entreprise indienne en informatique, ma nouvelle bible de chevet)
- un livre en français (la librairie attirant un public international) sur l'histoire de la religion indienne, mais comme il était abîmé et que le vendeur ne voulait pas me faire de remise, il est reparti en rayon.
C'est donc forte de notre carte que je rejoins Isabelle à l'hôtel et que nous retrouvons Sonny pour le déjeuner. Décision est prise après le déjeuner de faire un petit tour de la ville en voiture afin de voir quelques monuments présentés dans notre atlas nouvellement acquis. Nous avons donc pu apercevoir le palais gouvernemental (rassemblant un ensemble d'institutions), la cour de justice et des parcs. Isabelle et moi avons décidé qu'il nous faudra revoir tous ces monuments de manière plus approfondie.
Une fois cette petite promenade effectuée, nous décidons de nous rendre dans les rues commerçantes de la ville pour nous trouver un saree... et du jambon (depuis quelques jours, je rêve de jambon tellement la privation est forte, Isa quant à elle a régulièrement ce mot à la bouche...)!
Nous voici dans un supermarché où Sonny nous certifie que nous avons de grandes chances de satisfaire notre demande... La vendeuse nous sort du jambon, fière de sa trouvaille! Isa et moi n'en croyions pas nos yeux, du jambon! Ah vi mais quelle surprise, du jambon de poulet congelé! Bourk! Effectivement, nous n'en croyions plus nos yeux! Finalement, ce ne sera pas encore pour ce soir...
Nous décidons donc de nous mettre en quête de nos sarees. Plutôt orange tirant sur le rouge pour Isa et noir et argent pour ma part. La première boutique m'a sorti une demi-douzaine de sarees avant de me montrer quelquechose à mon goût: trop de paillettes, trop vieux, trop de motifs, euh j'ai dit noir vous vous rappelez?, le rouge vous trouvez vraiment que ça ressemble à du noir?
Finalement, le vendeur me dégotte un saree noir en soie avec un liseré argenté. Tombée sous le charme de l'étoffe, j'accepte avec plaisir la proposition d'essayage... J'ai donc assez rapidement été confrontée à l'enroulage méthodique de 5m de tissu. le principe est plutôt "simple": on coince un bout de tissu dans le pantalon (les femmes portent une jupe spéciale, mais nous avons fait avec la tenue du bord) sur la hanche droite et l'on procède à un premier tour de taille avec le tissu pour revenir vers le milieu. Ensuite on plie environ 1m50 de tissu en pans de 12cm pour faire le drapé qui va tomber devant les jambes. Coincage du drapé dans le pantalon, encore un petit tour et une fois arrivé dans le dos on continue à tourner en faisant remonter le tissu sur la poitrine et faire tomber le dernier pan sur l'épaule. L'explication n'est pas très claire tout simplement parce que la méthode n'est pas des plus simples! En gros il faut simplement s'imaginer se retrouver en élégant rouleau de printemps dans 5m de tissu, Le jean qui dépasse et les tennis aux pieds, ça perd de suite de son style, mais le résultat produit tout de même son effet!
Une fois le prix annoncé, je décide de "prendre du temps pour réfléchir" (hum hum 80€ pour une tenue que je ne mettrai que très rarement en France mérite à réflexion) et nous nous rendons dans une autre boutique. Ce n'est qu'une fois dans la boutique que nous nous apercevons qu'elle est d'un standing supérieur. A peine entrées, on nous demande de préciser notre quête... Euh ben sarees! Nous voici donc d'emblées dirigées vers l'ascenseur, accueillies par un jeune garçon (qui est en charge d'appuyer sur les boutons de l'ascenseur afin de bien guider le client des fois qu'il se perde), puis accueillies par un vendeur qui nous invite à nous asseoir à sa table. Des milliers de sarees de tous types sont rangés dans les étagères de plusieurs pièces. De nouveau, je me retrouve à préciser mon choix et refuser un ensemble d'étoffes. Le vendeur me dit qu'il a finalement quelquechose qui devrait me plaire dans le rayon des créateurs. Je lui demande s'il s'agit de la collection 2008, il me répond précisément la date et la saison... Le saree, c'est du sérieux! Un des vendeurs (pour alors, ils étaient 3 à s'occuper de nous) sort une boîte vitrée recouverte de velours... Le saree de créateur en question... Une soie de Mysore exquisement douce, parée de cristaux swarovski, noire et argentée... Essayer ne coûtant rien, je me suis de nouveau prise au jeu de l'enroulement... avec un saree à 27000rs (450€), mon jean et mes tennis bien dissimulés cette fois et un certain semblant de classe. Prenant congé après avoir expliqué à plusieurs reprises aux vendeurs que même un 3x sans frais ne convenait pas à mon portefeuille, il est décidé que demain nous allons reprendre notre quête dans des boutiques de standing plus raisonnable!
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