C'est donc cette magnifique image en tête, agrémentée de rencontres avec des daims, paons et autres casse-croûtes pour tigres (tigres que nous n'aurons pas eu la chance d'apercevoir) et plus trop d'essence en stock que nous nous retournons vers l'auberge pour le petit déjeuner.
Une dernière promenade dans le parc du centre (des femmes s'affairant à la tonte de la pelouse à la serpette ou à ramasser les feuilles et guava mûres), nous voici fin prêts pour reprendre notre route.
En route donc pour Mysore, afin de visiter le tant attendu palais. La route du retour est identique à celle de l'aller: les mêmes épouvantails, attelages, troupeaux et autochtones... Et c'est avec nostalgie que nous quittons ces lieux paisibles pour rejoindre la cité de la soie.
Après un déjeuner dans le même hôtel que la veille (qui cette fois, n'a pas considéré Sonny comme notre chauffeur), nous voici fin prêts pour la visite du palais!
Dès notre arrivée sur les lieux, nous sommes assaillies par camelots et mendiants. Difficile donc de nous frayer un chemin jusqu'au guichet pour acheter nos tickets d'entrée. Les premières ségrégations se font aussi sentir: même si l'entrée reste tout à fait raisonnable, le tarif pour les étrangers est 10 fois supérieur au tarif indien. Après les habituels contrôles de sécurité, nous pouvons désormais pénétrer les jardins du palais. Un immense temple sur notre droite, et le palais imposant et fastueux, sur notre gauche, fidèle aux images que nous avions pu voir au préalable. Des photographes professionnels s'arrachent les touristes, leur appareil numérique et imprimante sous le bras... Nous poursuivons donc notre promenade dans les jardins et prenons quelques photos ça et là, l'usage des appareils étant interdit dans le palais. Alors qu'Isabelle et moi posions devant le palais, un couple d'indiens nous accoste et nous demande dans un anglais approximatif si nous pouvons les prendre en photo devant le palais. Isabelle va pour s'emparer de l'appareil lorsque nous réalisons qu'il y aurait un semblant de mécompréhension... Le photographe et le couple insistent pour que nous posions avec eux et non pas que nous prenions la photo! Amusées, nous nous prêtons donc à la séance de bon gré. A l'issue de la prise des clichés, arrive la question rituelle:
"d'où venez vous?"
"France"
"Oh..... Fouanceee, Palissse, ToulEiffel!"
Un tantinet réducteur certes, mais si ça peut leur faire plaisir...
Les appareils photos étant déposés à la consigne, ayant ensuite du faire de même pour nos chaussures, dû supporter les grommellements d'Isa qui du coup ne voulait plus visiter le palais ("c'est sale par terre et une visite en chaussettes, c'est nul!), repassé de nouveau une fouille (pour un éventuel appareil photo encore caché...), nous voici dans le flot des visiteurs du palais!
L'intérieur du palais est à la (dé)mesure de son extérieur: stuc, dorures, sculptures, couleurs chatoyantes, sols en mosaïque, éléphants empaillés arborant de magnifiques défenses, tableaux en tous genres représentant le Maharaja et sa famille mais aussi dieux, déesses et fêtes locales. Les portes sont faites en bois de santal, recouvertes de marqueterie, en ivoire, os, argent ou or. Nous retrouvons ici un équivalent à la galerie des glaces de Versailles, mais traversons aussi d'immenses salles de réception où notre esprit vagabond peut encore facilement imaginer banquets et danses pouvant s'y tenir. Clou de la visite, nous traversons une salle ouverte sur l'extérieur. Il s'agit en fait d'un ensemble de loges donnant sur les jardins et l'allée centrale du palais. Vraisemblablement, les maharajas avaient le sens du spectacle!
Seul regret, nous ne verrons pas le palais illuminé par ses 96000 ampoules ce soir...
La visite du palais terminée, nous récupérons nos chaussures, inspectons nos chaussettes devenues martyres pour la cause, et décidons de poursuivre la visite de la ville. Prochaine étape, la cathédrale Sainte Philomène, l'une des plus grande du pays. Contrairement aux temples, nous arrivons à trouver une sorte de quiétude (sur fond de klaxons) dans les églises. L'église ayant une soixantaine d'années, les vitraux sont modernes et colorés et l'intérieur décoré de couleurs sobres mais douces. La vierge est habillée en saree, histoire de faire couleur locale. Petite visite de la crypte, où beaucoup d'européens ont été enterrés et c'est sous une pluie acharnée de mousson que nous quittons le monument et Mysore...
Le retour fut difficile et humide... La pluie ne semblait jamais cesser et des trombes d'eau s'abattaient sur nous à n'en plus rien voir... Nous sommes restées désemparées face aux coulées d'eau sur la route, aux voitures arrêtées car ne pouvant plus avancer et aux conducteurs de 2 roues partis trouver refuge sous le moindre arbre ou la moindre échoppe sur le bord de la route. Comment un pays connaissant pertinemment l'ampleur de ce phénomène climatique annuel, ne prévoit aucune infrastructure en conséquence? De par ces intempéries, la durée de notre trajet de retour a été doublée...
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