Vendredi 8 Août

Avance et ne te préoccupe pas de ce qu'il se passe derrière...
C'est le letmotiv de tout chauffeur indien... En effet, un véhicule doit signaler ses intentions à ses prédecesseurs en klaxonnant. C'est uniquement à ce moment que ceux-ci vont lui prêter attention...
C'est aussi malheureusement ce que je ressens de la philosophie du pays...
Il y a 10 ans, Bangalore était surnommée "the garden city", c'était en quelque sorte le poumon vert de l'Inde, du fait d'un climat doux et tempéré et de la présence de lacs et d'une grande verdure. L'explosion économique entraînant un boom démographique, il ne reste de ce poumon que goudron, béton et pollution... Et des milliers de personnes continuent à affluer. Des actions sont menées pour l'environnement et le recyclage, mais le gaspillage est de mise...
Nous avons enfin l'explication de nos douches froides (dans les salles de bains jouxtant nos chambres): un chauffe eau solaire... Sauf qu'il nous a été expliqué que l'eau chaude ne commencait à venir qu'au bout de 20 minutes d'eau qui coule à pleine pression... De même, les fuites ne sont que très rarement réparées... Je crois que je vais garder mes quartiers dans la seule salle de bains possédant un chauffe eau.

L'eau à Bangalore est une ressource difficile à gérer et acheminer; tout se fait par camions citernes plus colorés et décorés les uns que les autres... Mais ceci ne freine en aucun cas les indiens dans leur consommation... Quand la population va-t-elle se décider à se préoccuper des générations suivantes???

Le petit déjeuner prend désormais des airs indiens. Je ne me suis pas encore décidée à goûter les plats en sauce ou à base de semoule et oignons par respect pour ma voisine de bureau ;) mais j'ai par mégarde attaqué la journée au green chili pepper (traduction: petit piment vert qui arrache). Une journée qui commence fort!

Santosh avait un peu de retard - de ce fait nous avons eu tout le temps d'admirer l'étal de guava (désormais ces fruits ont un nom) - et nous voici arrivées saines et sauves au travail. Finalement, son niveau d'anglais était suffisant pour comprendre de ne pas venir nous chercher avant Lundi. Tant pis pour l'hindi ;)
L'effectif de la sécurité a sacrément diminué à l'entrée comme nous l'avaient prédit les collègues, la menace terroriste se faisant moindre. De suite nous rentrons beaucoup plus vite.
Journée de travail dense qui commence par communiquer ce numéro de téléphone durement acquis! Désormais, nous sommes joignables!

Joie de courte durée, car le vendeur m'appelle et me baragouine dans un hindi/anglais qu'ils se sont trompés de carte SIM et que nous devons repasser à l'agence pour la changer (étant donné qu'ils fonctionnenent sans informatique, il va effectivement être difficile de rattraper une erreur). Nous repasserons quand quelqu'un sera en mesure de nous accompagner pour faire office de traducteur.

Aujourd'hui, pas de fête dans le bureau donc pas de distribution de spécialités locales et peu de coupures de courant. Une journée fort calme de ce fait!

Sortie du travail 20h (finalement, le calme nous joue des tours), les seuls rickshaws disponibles devant l'agence proposent leurs services à prix d'or. Décision est prise de remonter à pied vers la route principale dans le noir complet, sur une route en construction avec des semblants de trottoir. Nous avons appliqué à la lettre les conseils de Praveen: ne pas se préoccuper de ce qu'il se passe autour de soi, avancer et bien regarder où l'on met ses pieds. Fort bien nous en a pris, le trottoir est constellé de trous de 50cms de profondeur!

Arrivées sur la route principale, après une brève négociation avec un rickshaw, nous voici en route pour l'hôtel, tant pis pour les jeans.

Sonny nous propose de nous joindre à lui pour le dîner. Il nous emmène dans un resto appelé Barbeque Nation (http://www.barbeque-nation.com/gallery.htm). Le concept est plutôt sympa: une table avec un barbecue encastrable au milieu, des serveurs qui nous alimentent en viandes (toujours pas de boeuf), poissons et crevettes et nous nous chargeons de la cuisson. Seul petit bémol, la force des épices allait de façon croissante... Et la saucisse aux piments verts m'a laissé une sensation de feu impérissable et quelques larmes en souvenir :). Qu'à celà ne tienne, je vais éteindre le feu avec de la vodka! Isabelle, quant à elle, avait abandonné la dégustation quelques épices plus tôt... La femme d'Amit m'a expliqué ce dimanche qu'ils ne toléraient pas ce niveau d'épices... Je crois que je commence à m'acclimater :)

Passage dans un bar après le restaurant et rendez vous est pris pour aller voir ces fameux tigres le lendemain!

Une bonne nuit de sommeil en perspective!

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