8h, quelques chips et jus d'orange acquis dans la superette du parking souterrain, nous chargeons la voiture, et en route pour Mysore!
Comme indiqué hier, le 15 Août est le jour de l'indépendance indienne. La foule est mobilisée en conséquence, mais on nous rit au nez quand nous expliquons que nous nous attendions à un défilé digne du 14 Juillet. En effet, la foule est mobilisée autour des écoles et stades, les enfants (en uniforme d'écolier) étant les principaux acteurs des parades célébrant cet évènement. Les magasins, mais aussi les rickshaws et rues s'ornent de fleurs fraîches, drapeaux et décorations aux couleurs nationales (même le vendeur de coudes en pvc s'est mis à la fête!). C'est donc une route plutôt bigarrée, tantôt par les décorations, tantôt par les marchés mais aussi simplement par les tenues des femmes plus colorées les unes que les autres que nous parcourons gaiement et lentement. En effet, celle-ci est souvent ornée d'ornières, ralentisseurs, ganivelles posées en chicane sur les voies pour faire ralentir la circulation, population, mendiants arborant le tableau d'une divinité pour amadouer le chaland ou enfants réalisant des contorsions à l'aide d'un cerceau de métal, balayeurs de route (nous en cherchons encore l'intérêt), animaux en tout genre (plus ou moins imposants, mais aussi plus ou moins vivants) ou attelages, camions ou bus plus pollueurs les uns que les autres, le tout pensant que la route leur est propre! On comprend vite les accidents et ralentissements intempestifs.
3h30 de route plus tard, soit uniquement 120 kms, nous voici dans la périphérie de Mysore... Pour une ville abritant un palais de Maharadjah, nous voici plutôt déçues! Etait-ce vraiment nécessaire de faire tant de route pour nous retrouver dans un cadre similaire à Bangalore?
Affamés, nous décidons donc de nous mettre en quête d'un déjeuner. Notre réussissons non sans mal à rejoindre un hôtel connu par notre guide. Petite confusion avec le voiturier à l'entrée de l'hôtel: ce n'est pas parce qu'un indien conduit 2 européennes qu'il est forcément notre chauffeur! Tant pis, le voici quand même considéré comme tél...
Le menu de l'hôtel est plutôt prometteur: ils ont du jambon (certes avec des oeufs, donc ce ne sera pas pour moi, mais Isa s'y tente)! La chose n'est pas mauvaise même si l'aspect est plutôt rebutant... Ca ressemblait en tout point en une chose indescriptible, mais reconstituée!
Rassasiés, nous constituons donc le programme de la journée. Aujourd'hui, nous prévoyons de rejoindre une réserve naturelle afin de voir quelques animaux évoluer en liberté et prévoyons de dormir en pleine nature. Ce devrait nous changer du bruit permanent de la ville...
Nous voici donc en direction de Nagarhole. La route n'est pas compliquée à trouver, il n'y en a qu'une! Plus nous avançons dans la campagne, plus nous nous enfonçons sur un chemin chaotique et les rencontres animales s'accentuent. Nous voici donc sur un chemin de terre (ah, le safari n'a pas encore commencé?) à zigzaguer entre les vaches (avec des cornes peintes parfois atteignant le demi mètre), des troupeaux de chèvres et moutons, quelques poules éparses, un chat (le premier que nous rencontrons), un canard (comme vous pouvez le constater, j'ai pratiqué un recensement très poussé de la diversité animale) et des chiens (grâce au chien indien, je comprends mieux l'expression se regarder en chien de faïence... Ils peuvent en effet rester des heures immobiles au milieu de la route, défiant du regard leur homologue de l'autre côté de celle-ci, le tout en servant, non sans risque, de pilier de slalom aux voitures). Nous doublons aussi des attelages transportant fruits et légumes savamment agencés (les indiens aiment ranger leurs fruits en pyramides), fourrage ou autres articles de consommation. Le contraste est des plus saisissant: de la ville en pleine expansion, où les habitants ne sont qu'en quête d'une technologie de pointe, de l'effort minimal (l'indien aura tendance à privilégier l'ascenseur pour monter un étage, alors imaginez la tête du personnel de l'hôtel quand nous montons nos 5 étages à pied!) et s'approprient les travers de l'occidentalisation, nous voilà propulsés 100 ans en arrière dans une population pauvrement vêtue, pieds nus en majorité, vivant dans de minuscules abris ou constructions en toit de palme pour certains, à même la terre battue ou encore avec leur bétail; Les femmes allant encore à la rivière faire leur linge (le tout empaqueté et transporté précieusement sur leur tête). Le temps se serait mystérieusement arrêté ici... Il aurait visiblement eu quand même l'occasion de déposer quelques téléphones portables. Les habitudes de certains autochtones sont pour autant parfois curieuses... En effet, nous nous demandons toujours pourquoi un homme tenant une petite échoppe récoltait à chaud dans un gobelet l'urine de sa vache!!! Bourk!
Le chemin redevient route et les villages cèdent leur place aux cultures, souvent ornées d'épouvantails (qui ressemblent étrangement à leurs homologues français). Soudain, nous sommes arrêtés par un amas de population sur la route, accompagnés de gardes forestiers. Des éléphants sauvages sont en train de se battre dans un champ à proximité... Nous avons l'autorisation de continuer notre chemin mais les précautions de base nous sont rappelées: en cas de rencontre éléphantesque, on ne s'arrête pas mais on accélère! Le tout afin d'éviter de donner envie à l'animal de nous charger.
Nous voici enfin arrivés au camp où nous avons réservé un bungalow. Accueillis chacun par un drapeau indien (eh vi, c'est toujours independance day!) et une démonstration de serpents par un homme très "décoré" de bijoux, nous prenons possession du logement et décidons d'aller arpenter la réserve naturelle. Du fait des récentes pluies, les chemins pénétrant la forêt sont interdits d'accès... Qu'à celà ne tienne, nous allons tout de même la longer!
Sonny commence à discuter avec un des gardes forestiers à l'entrée de la réserve, qui n'hésite pas à abandonner son poste, prendre place dans notre voiture et faire office de guide touristique!
L'homme ne s'exprimant qu'en kannada, nous pouvons poser nos questions et notre chauffeur se transforme instantanément en interprète. 600km², une quarantaine de tigres, 2500 éléphants sauvages et des milliers de daims... Nous devrions tout de même apercevoir un peu de vie...
Peut-être du fait du temps pluvieux, nous n'avons vu que des "spotted deers" (daims mouchetés, considérés comme casse-croûtes à tigres, comme nous le rappelle si tendrement le garde forestier), paons et autre rongeurs.
De retour de notre promenade, Isabelle et moi prenons successivement le volant (bon, nous avons beau être sur une route où nous ne croisons personne, intégrer la conduite à gauche mais aussi la voiture montée à l'envers, ça nous fait beaucoup de paramètres à gérer d'un coup, mais nous relevons le challenge avec brio!).
Petite soirée sympathique au camp, coucher tardif sachant que le lendemain nous retournons dans la forêt à 6h... Décidément, la vie ici, c'est pas des vacances!
1 commentaire:
Les photos sont vraiment très sympa ça donne envie d'y être !!!
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